
"Cattle, goats and sheep herds were dying in large numbers with their carcasses lying around main roads and grazing lands. Both people and livestock have been looking emaciated and sick..." says Nura Magan, country representation for Caritas Switzerland
Credits: Caritas Switzerland
Caritas a lancé un appel d’urgence de 413 216 dollars (275 123 euros) pour le Somaliland en avril au début de la crise alimentaire actuelle. Caritas Suisse s’occupe des programmes mis en place grâce à l’argent récolté. Nura Magan, la représentante sur place de Caritas Suisse explique comment la crise touche le Somaliland et ce que Caritas fait.
1. À quel point le Somaliland a-t-il été touché par la crise alimentaire actuelle ?
Il y a eu plusieurs problèmes de pénuries alimentaires graves, surtout en milieu rural et dans les camps pour les personnes déplacées dans les grandes villes, ces 10 derniers mois. Les troupeaux de bétail, de chèvres et de moutons mourraient en grand nombre et leurs carcasses gisaient près des routes principales et des pâturages. Les humains et les animaux sont émaciés et malades, avec de plus en plus d’infections des voies respiratoires et de malnutrition. Beaucoup de personnes des zones rurales ont migré.
2. D’après vous, quelle est l’origine de cette crise alimentaire ?
C’est un concours d’événements. Le changement climatique et le manque d’investissement dans l’agriculture en sont les principaux. Les sécheresses répétées et presque chroniques, à la fois naturelles et provoquées par l’homme, mais qui sont essentiellement la conséquence de l’abattage des arbres pour le charbon, y contribuent. Également l’érosion du sol et de couloirs, les inondations et l’impossibilité pour les terres de pâturage et d’agriculture de retenir l’eau, ainsi que la pénurie d’eau en général, sont les causes principales des pâtures réduites et de manque de fourrage, ce qui conduit à la perte d’animaux.
3. Le Somaliland s’était-il remis de la crise alimentaire de 2005 quand celle-ci a commencé ?
Oui, il se redressait progressivement grâce aux pluies de 2006 et au soutien humanitaire rapide de la communauté internationale.
4. Caritas a lancé un appel d’urgence en avril. En quoi cela aide-t-il les gens à faire face à cette crise ?
Caritas s’est concentré sur la réhabilitation du matériel pour le stockage de l’eau, le creusement et la réhabilitation des puits pour augmenter le rendement en eau et la distribution de pompes à eau pour les agriculteurs touchés par les inondations. Caritas a construit plus de 42 berkads (citernes) avec une grande berkad de plus de 400 m³ de capacité à Lo’ka-Aroor dans la région de Gabiley. Pendant la cérémonie de remise de la berkad, son propriétaire, M. Ali Mohamed, a dit : « Maintenant que j’ai une aussi grosse berkad, je n’envisage pas de pouvoir perdre de l’argent à cause de la sécheresse ou de la pénurie d’eau car je vais utiliser l’eau disponible pour irriguer ma ferme et faire pousser du fourrage et des légumes. »
Caritas Suisse et Caritas Luxembourg s’occupent de deux des six régions du Somaliland, et l’expansion des programmes, si les fonds le permettent, aiderait à en faire bien plus.
5. Caritas fait quoi d’autre pour réduire les effets de la crise alimentaire sur les communautés ?
Caritas organise également des campagnes de sensibilisation à la bonne hygiène et aux pratiques sanitaires pour réduire les effets négatifs des maladies d’origine hydrique en raison de la pénurie d’eau.
6. Quels sont les effets sur le long terme de la pénurie alimentaire sur les communautés du Somaliland ?
Dépendance à grande échelle envers la nourriture importée et d’autres produits essentiels, niveaux réduits des investissements dans l’agriculture et les animaux d’élevage, revenu des foyers réduit et une perte progressive du pouvoir d’achat. Ces facteurs entraînent une émigration de plus en plus forte vers l’Europe de l’Ouest car la population du Somaliland cherche du travail.