Le Swaziland a le taux de prévalence du VIH le plus élevé du monde. Si des progrès ont été accomplis dans le pays en termes de prévention de la transmission de la mère à l’enfant, le dépistage du virus chez les enfants en bas âge reste un énorme défi.

Le docteur Nduduzo Dube  est le directeur médical du Centre d’aide contre le sida à Mazzini,  dans le Swaziland. Il étudie les questions concernant le dépistage du virus chez les enfants en bas âge avec un budget serré.

DEPISTER LE VIRUS AVANT QUE LES ENFANTS NE TOMBENT MALADES

“La plupart des enfants qui sont perdus ici au Swaziland meurent parce qu’ils n’ont pas accès au traitement suffisamment tôt. Si le dépistage était une routine, on pourrait diagnostiquer l’infection avant qu’ils ne tombent malades, en particulier chez les enfants exposés au virus.”

SITUATION ACTUELLE DU DEPISTAGE

 “Actuellement, le test PCR se fait seulement dans les hôpitaux centraux. Les échantillons de sang sont prélevés et envoyés à Pretoria (à environ 300 km). Nous n’avons pas de laboratoires pour faire le test PCR localement. Le test anticorps que nous utilisons ici n’est pas fiable chez les enfants au-dessous des 18 mois.”

DEFIS

 “La plupart des enfants qui ont besoin d’être soumis à un test de dépistage se trouvent dans les zones rurales et dans certains cas sont pris en charge par leurs grands-parents. Le transport vers des zones urbaines pour le test de dépistage pourrait coûter trop cher pour ces familles.”
“Dans certains cas, l’enfant fait partie d’une famille gérée par des enfants et n’a personne à contacter pour le test de dépistage.”* 

 POURQUOI LES ENFANTS NE SONT-ILS PAS SOUMIS PLUS TOT AU TEST DE DEPISTAGE

“Le public n’est pas très bien informé sur le test de dépistage. La disponibilité des services pour le dépistage représente d’ailleurs un problème. Si nous pouvions faire le test PCR dans des laboratoires publics, ce serait d’une grande aide.”

LE RISQUE D’ATTENDRE

 “Chez certains enfants la maladie progresse rapidement et, quand ils ont deux ans, elle est à un état très avancé ou le décès est déjà survenu. Pour les enfants qui sont soumis au test très tard, s’ils sont atteints d’infections opportunistes comme la TBC, le résultat n’est jamais bon.”

*Dans certains pays, il faut l’autorisation du tuteur pour qu’un orphelin puisse être soumis à un test de dépistage du VIH.