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L’autonomisation en Colombie
![]() Eva Mape decided to set up her own tailoring business supported by Caritas. “Nous n’avions d’autre choix que de partir. Les seules choses que nous avons pu sauver, c’était quelques vêtements qui étaient restés à l’extérieur,” raconte Mme Mape. Son histoire est celle de millions de Colombiens qui, au cours des 45 dernières années, ont vécu dans la terreur à cause de la guerre entre le gouvernement, les rebelles et les paramilitaires. Après s’être rendue à plusieurs endroits, Mme Mape s’est enfin installée à Ibagué, dans le centre de la Colombie. “Nous avons décidé que nous allions rester ici… même s’il fallait vivre sous des bâches en plastic,” affirme-t-elle. Caritas a aidé Mme Mape et d’autres dans sa communauté à s’organiser en groupes de façon à pouvoir affronter ensemble leur situation difficile, et à se convaincre qu’ils pouvaient reprendre leur vie en main. Caritas a aussi offert à la communauté des cours de formation pour créer des moyens d’existence. “Grâce à toute la formation que Caritas nous a offerte, nous nous sentons plus autonomes parce que, avant, en tant que personnes déplacées, beaucoup d’entre nous étaient habitués à ce que l’on fasse les choses à leur place,” affirme Mme Mape. Les femmes de la communauté ont décidé de mettre en place une entreprise de couture. En travaillant à leur compte, les femmes sont plus libres d’organiser leur vie et de s’occuper de leurs enfants. Caritas s’est intéressée à ce que les femmes faisaient et s’est offerte pour soutenir leurs activités. “Nous sommes mieux préparées grâce à la formation que nous avons reçue de Caritas. Nous sommes plus informées sur nos droits et sur comment vivre en commun et œuvrer pour le pardon et la réconciliation,” dit-elle. Mgr Hector Fabio Henao, directeur de Caritas Colombie, souligne combien l’aide à ces groupes est importante – non seulement au niveau national, mais aussi de la part de la communauté internationale. “Pour ces communautés, la solidarité est très importante, c’est-à-dire la solidarité des groupes internationaux qui œuvrent pour la justice, la vérité, la réparation et la non-répétition des atrocités du passé.” Mme Mape a réussi à reprendre sa vie en main et à assurer une certaine stabilité à sa famille. Ses mauvaises expériences n’ont pas détruit son espoir qu’un jour les choses puissent changer. “J’imagine la Colombie dans la paix totale, sans violences ni enlèvements, sans toute cette pauvreté,” affirme-elle.
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