Coucher de soleil à Jérusalem. La visite du pape Benoît en Terre Sainte apporte un espoir de paix.

La visite officielle du pape Benoît XVI en Terre Sainte au mois de mai a mis en exergue l’urgence de rompre le cycle de la violence entre Israéliens et Palestiniens.

En arrivant de Jérusalem à Bethléem, le pape Benoît XVI a été conduit dans la ville en franchissant une grille du mur en béton haut de huit mètres, un tronçon de la barrière de séparation qu’Israël a construite autour de la Cisjordanie.

Partout dans Bethléem, des fanions et des affiches accueillaient le Saint-Père avec des inscriptions comme : “Our Pope, our hope we welcome you to Bethlehem” (Notre pape, notre espoir, bienvenu à Bethlehem). Les rues étaient pleines de drapeaux jaunes et blancs du Vatican et de drapeaux palestiniens.

"J’ai vu … une grande partie de Bethléem ombragée par le mur qui fait intrusion dans vos territoires, séparant des voisins et divisant des familles," a déclaré le pape Benoît. En attendant sous le soleil sur la place de la Mangeoire, devant l’Eglise de la Nativité, plus de 10 000 Palestiniens et pèlerins s’écriaient: "Viva il Papa! Viva la Palestina!", "Benedetto, Benvenuto!" Un vaste chœur chantait des chants chrétiens pendant que les gens brandissaient le drapeau palestinien et celui du Vatican.

Dans son homélie, le pape Benoît a exhorté les Palestiniens à rester solidement ancrés dans la foi et à espérer en la paix et en un avenir meilleur.

Il avait un message spécial pour la population de Gaza: “Je vous demande de rapporter à vos familles et à vos communautés l’assurance que je les garde en mon coeur et ma tristesse pour les pertes subies, les difficultés et les souffrances que vous avez dû endurer.

Soyez assurés de ma solidarité dans l’immense tâche de reconstruction à laquelle vous devez faire face et de mes prières pour que l'embargo soit bientôt levé.»

Le pape Benoît a présenté un message spécial de solidarité aux 1,4 million de Palestiniens résidant à Gaza.

A la fin de la Messe, il a serré la main des représentants des chrétiens palestiniens de Gaza qui ont reçu l’autorisation de se rendre à Bethléem pour être avec le Saint-Père. Daoud Masoud, 59, a été l’une des rares personnes qui pu rencontrer le pape en cette occasion.

“Nous avons eu la grâce d’obtenir l’autorisation et nous avons d’abord assisté à la Messe célébrée par sa Sainteté. Dans son discours sur Gaza, il nous a encouragés à tenir bon et à aller de l’avant, à ne pas nous rendre au cours de notre vie ici et à garder l’espérance. Le deuxième jour, j’ai eu la possibilité de visiter le Saint Sépulcre pour prier et je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer,” raconte-t-il.

Sur près de 3 000 chrétiens vivant à Gaza, seuls 95 ont eu l’autorisation de participer à la Sainte Messe.

Ghada Sabbagh, une femme de Gaza, a déclaré : “Cela faisait 13 ans que je n’avais pas pu voir mon frère qui vit à Bethléem. J’ai reçu une double grâce: prier avec le pape voir mon frère. “Je voudrais saisir cette occasion pour vous remercier, vous agents de Caritas, pour l’aide que vous nous avez apportée au cours des horribles journées que nous avons vécues. Caritas nous a accompagnés et nous a donné l’espoir, Caritas ne nous oublie pas ”. Le Secrétaire de Caritas, Ameen Sabbagh de Gaza, n’a pas eu l’autorisation de se rendre à Bethléem. Ameen a affirmé : “J’étais profondément déçu. C’était ma seule chance de rencontrer le pape. Je voulais parler avec lui et essayer d’exprimer mes sentiments de chrétien vivant à Gaza.”

Juste après le dernier conflit et après de nombreuses années de troubles en Terre Sainte, le voyage du pape revêt une importance particulière en ce moment. Claudette Habesch, la Secrétaire générale de Caritas Jérusalem, affirme que, la paix étant encore une illusion, la visite du pape apporte un motif d’espérance et d’optimisme. Lire….

Joseph Cornelius Donnelly, conseiller spécial de Caritas Internationalis pour la Terre Sainte et le rétablissement de la paix, déclare que le Saint-Père vient en humble pèlerin, mais aussi au titre de Pontifex Maximus “le plus Grand Bâtisseur de ponts”. Lire…

Le pape suit les pas de millions de pèlerins de différentes religions qui se sont rendus en Terre Sainte au fil des ans. Mais à cause du conflit de Gaza, le voyage des derniers pèlerins qui ont eu assez de chance de pouvoir quitter la Bande et aller à Bethlehem était lourd d’angoisse après avoir été bloqués à cause de la guerre.

Malgré la guerre et les difficultés politiques et économiques de la vie dans les territoires palestiniens occupés, l’Eglise travaille sans cesse pour aider les personnes à garder l’espoir que la paix viendra et que la vie s’améliorera. Lire comment un prêtre local près de Ramallah aide la population touchée par la pauvreté.

Laura Sheahen, chargée régionale de l’information pour le Bureau de Catholic Relief Services/Moyen-Orient, est en Terre Sainte cette semaine pour la visite du pape Benoît. Voici quelques commentaires de son blog concernant le jour de l’arrivée du pape à Jérusalem, le 11 mai.

Blog 2: Lundi

Le pape Benoît a surpris de nombreux commentateurs quand, quelques minutes après être descendu de son avion à Tel Aviv, a réclamé une patrie pour les Israéliens et les Palestiniens. Nombreux étaient ceux qui attendaient, et qui ont applaudi, sa forte dénonciation de l’anti-sémitisme, mais peu de personnes s’attendaient à ce qu’il évoque la question de l’Etat palestinien si rapidement. Lundi, deux heures après son bref discours, j’étais dans le camp de réfugiés d’Aida à Bethléem. “Les camps de réfugiés” à Bethléem ne sont pas des villages de toile dans le désert, ce sont des zones urbaines, généralement dégradées, et faites par les Palestiniens qui ont été déplacés de leurs villages dans les années 40 en ce lieu qui est maintenant Israël.

Blog 1: Dimanche

Dimanche, la journée était bonne pour faire voler les cerfs-volants à Jérusalem, mais pas parfaite. Le ciel était bleu clair et le vent assez bon, mais pas toujours coopératif. A l’extérieur des murs de la Vielle Ville, les enfants tenaient leurs cerfs-volants bien hauts, testaient le vent, sautaient et espérer que ça marche. La moitié du temps ça ne marchait pas, mais quand ils y arrivaient, les cerfs-volants planaient glorieusement au-dessus des murs.

Tout le monde ici teste le vent, se demandant si et comment la visite du pape Benoît changera la situation en Terre Sainte.