|
Le conflit en Colombie plonge des millions de personnes dans le désespoir
![]() Homes constructed largely from corrugated iron in a displaced community Caritas affirme que la guerre civile entre les rebelles, le gouvernement de Colombie et les groupes paramilitaires a laissé des millions de personnes sans abri et exposées aux injustices et aux violations de leurs droits fondamentaux. La Colombie ne figure pas parmi les crises inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais Caritas insiste que la communauté internationale devrait traiter la question avec urgence. La Colombie compte quatre millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI), et 500 000 autres réfugiés vivant dans les pays frontaliers. C’est la deuxième population de PDI au monde, après le Soudan. Caritas affirme qu’aucune résolution n’est possible sans une attention régionale et internationale continue. Les membres Caritas d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine se sont réunis à New York le mois dernier pour mener une action du lobbying auprès des membres du Conseil de sécurité et d’autres responsables des Nations Unies. Le délégué permanent de Caritas Internationalis aux Nations Unies, Joseph Donnelly a affirmé : “De nombreuses agences des Nations Unies aident la population colombienne, mais il faut dans l’ensemble bien plus de fonds pour pourvoir aux vastes besoins humanitaires et combler les pénuries qui mènent les gens au désespoir dans les zones reculées. “Et il faut surtout la volonté politique des membres du Conseil de sécurité, des pays voisins et du gouvernement de Colombie de s’attaquer aux causes profondes du conflit.” Caritas exhorte le gouvernement de Colombie à respecter ses obligations internationales à assurer un niveau de vie minimum à ceux qui ont perdu leur maison et restent à l’intérieur du pays. Le gouvernement colombien doit aussi faire en sorte que les droits des groupes vulnérables, tels que femmes, enfants et populations autochtones, soient protégés. Caritas affirme que s’il ne le fait pas, il devra être sanctionné par les organes des Nations Unies comme la Commission des droits de l’homme. Caritas affirme que les violations commises à large échelle en Colombie, comme les exécutions extrajudiciaires, doivent être soumises à des enquêtes minutieuses, l’indépendance judiciaire doit être garantie et la liberté de parole protégée. Même si la question de la Colombie est inscrite à l’ordre du jour de la Cour pénale internationale depuis des années, il faut qu’elle devienne sans plus tarder une priorité. Les nouveaux mécanismes alternatifs des Nations Unies doivent inclure la Colombie. La Commission pour la consolidation de la paix avec son Fonds de consolidation de la paix peut susciter un engagement international important à atténuer ce conflit long et coûteux. Quant à l’Alliance des civilisations, elle doit traiter la question car des millions de Colombiens sont séparés de leurs proches dans leur propre pays et au-delà des frontières. Caritas attirera l’attention des participants aux prochaines consultations annuelles du HCR à Genève sur le conflit colombien, en particulier sur les souffrances des femmes et des enfants déplacés ou réfugiés. Les femmes et les enfants font l’objet de violences sexuelles, de recrutement forcé et d’exploitation pour le travail mal rémunéré. Ils représentent presque la moitié des PDI et des réfugiés. Selon la Commission nationale de réparation et de réconciliation, la victime “typique“ du conflit en Colombie est une femme pauvre, qui gère seule sa famille, gagne un salaire minimum, son éducation se limite à l’école primaire et a été forcée au déplacement. Entre-temps, les membres Caritas au Royaume-Uni et en Irlande ont uni leurs forces avec d’autres organisations humanitaires pour demander instamment aux gouvernements britannique et irlandais de rendre leur politique pour la Colombie plus efficace. Dans le cadre du projet de plaidoyer du groupe ABColombia, Cafod, Sciaf et Trócaire demandent à leurs gouvernements de rendre l’aide militaire à la Colombie plus transparente. Lire le rapport en Espagnol and Anglais. |
|