"Je téléphone à ma fille et parfois elle me dit ‘Maman, nous avons grandi; tu as manqué toute notre adolescence”, se désole Lila*.

Quitteriez-vous votre foyer et vos enfants pour un travail ? Accepteriez-vous de ne plus les voir pendant des mois, peut-être même des années ? Certaines personnes n’ont pas le choix. Elles sont chassées de leur pays par la guerre, la pauvreté, la dépression économique et le manque de perspectives de travail. Quelquefois, elles sont victimes de la traite et sont poussées à partir par la tromperie ou la force. Très souvent, ces personnes sont des femmes et des mères. En 2008, Caritas Internationalis a créé une équipe de plaidoyer spécifiquement chargée de la question des femmes et de la migration. “L’histoire montre que les gens ont toujours migré”, explique Martina Liebsch, coordinatrice pour le plaidoyer sur la migration et la traite des personnes. “Mais Caritas veut que les migrants puissent faire leur choix en toute connaissance de cause et en ayant d’autres options”.

“Caritas centre son action relative à la migration sur les femmes”, précise Mme Liebsch. “La moitié environ des migrants dans le monde sont des femmes. Elles sont à la merci de l’exploitation et de conditions de travail dégradantes”.

La migration des femmes a des répercussions considérables sur la famille et la société dans les pays en développement. Les migrants se heurtent à des problèmes tels que l’exploitation par des trafiquants, le chômage, les mauvais salaires et la limitation, voire la privation totale de droits dans leur emploi.

Caritas propose un accompagnement et une assistance administrative aux migrants qui se retrouvent parfois dans un pays dont ils ne connaissent pas la langue. L’organisation offre une assistance juridique, des cours de langue, des formations professionnelles et donne un coup de main pour trouver un emploi. Elle apporte aussi un soutien moral et psychologique. Enfin, Caritas sensibilise les communautés et les gouvernements hôtes à la signification et aux bienfaits de l’intégration.

Caritas préconise l’organisation de filières de migration légales. L’action conduite par Caritas pour assurer des rapatriements durables vise à faire en sorte que les migrants qui décident de rentrer chez eux s’y préparent minutieusement et sachent où s’adresser dans leur pays.