Jane Andanje, the Deputy Coordinator of the Caritas Coordination Unit, with some children who have fled the fighting.

Credits: Renee Lambert/CRS

Le conflit dans l'Etat de Jonglei, au Sud-Soudan, qui devient de plus en plus violent et de nature ethnique, nourrit les craintes. Il s’agit des derniers affrontements dans la région après l'indépendance du Sud-Soudan en juillet dernier.

Les agents humanitaires de Caritas et de Catholic Relief Services (CRS est un membre de Caritas) ont rejoint une équipe d'évaluation à Boma, au Sud-Soudan, ce week-end. Plus de 2 300 personnes ont fui vers cette petite ville (environ 7 000 hab.), suite aux violences éclatées dans le Jonglei ces dernières semaines.

L'équipe a examiné les besoins en abris à Boma. La plupart des personnes a trouvé une place au milieu des maisons en chaume des habitants, et le gouvernement local a distribué des kits de l’OIM contenant des articles essentiels.

Boma est la ville la plus lointaine que les personnes en fuite ont pu rejoindre ; elles sont arrivées en grand nombre et continuent d'arriver chaque jour. On craint de plus en plus pour ceux qui sont restés piégés dans les zones près du conflit. A une journée de marche, se trouve la ville isolée de Labraap, où 10 000 personnes seraient restées sans abri et sans aide humanitaire.

Plus de 120 000 personnes ont déjà été touchées par les violences extrêmes commises à Jonglei entre les communautés des Murle et des Lou Nuer. Des villages ont été réduits en cendres et les femmes et les enfants agressés.

Le vol de bétail entre ces deux groupes existe depuis des générations, mais les vingt ans de guerre civile avec le nord du Soudan ont envahi d'armes la région et exacerbé la concurrence pour les ressources.

Les responsables ecclésiaux et humanitaires craignent que les violences ne soient de plus en plus de nature ethnique. Ils dénoncent la diffusion d’une rhétorique de la haine et demandent pourquoi, si le bétail est la cible, attaquer des centres habités.

Dans une déclaration du 18 janvier sur le Jonglei, le Conseil des Eglises du Soudan a affirmé: "Des actions brutales ont été menées contre des non-combattants. La haine ethnique exprimée verbalement, dans les graffitis laissés par les agresseurs et sur Internet pourrait être annonciatrice d’atrocités à grande échelle."

La Directrice adjointe des programmes pour le Sud-Soudan, Renée Lambert, en mission d'évaluation à Boma, explique: "La situation dans le Jonglei évolue d’une manière très préoccupante. La nature du conflit actuel n’est plus la même. Une rupture a lieu dans le tissu social traditionnel, provoquée par les jeunes qui ont perdu le respect pour leurs aînés. "

Dans ses efforts de rétablissement de la paix, l'Eglise considère avec urgence la possibilité de se réengager d’ores et déjà auprès des jeunes à travers des réseaux communautaires. Elle souhaite, en même temps, que le gouvernement et les Nations Unies assurent la stabilité de la situation sécuritaire.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Patrick Nicholson à nicholson@caritas.va ou au 0039 334 3590 700.