Caritas Congo a signalé que des milliers de personnes déracinées à cause des violences et se dirigeant vers Goma souffrent du manque de vivres, d’eau potable et d’installations d’hygiène alors que la situation dans l’est du Congo se détériore.

La recrudescence des violences dans le Nord-Kivu a empêché de distribuer l’aide humanitaire à des milliers de personnes – notamment un grand nombre de ceux qui ont fui les violences éclatées dans la ville de Kibumba, au nord de Goma, lundi matin.

Malgré l’accord de paix signé en janvier, de fortes tensions entre les troupes gouvernementales et les rebelles affligent le Nord-Kivu depuis fin août, et la situation ne cesse de s’aggraver. Jusqu’à 200 000 personnes ont été déplacées à cause des combats de ces deux derniers mois.

“La situation s’est détériorée depuis le dernier weekend et il y a eu beaucoup de violences hier [lundi],” explique Camille Fauvet, chargée de projets pour les situations d’urgence de Caritas France.

“Les camps sont bondés, un très grand nombre de personnes ont cherché refuge auprès d’autres familles ou dans les écoles, les églises ou les bâtiments publics,” déclare-t-elle.

Caritas a réitéré l’appel de fonds de 1,5 million USD  qu’elle avait lancé début octobre pour aider à fournir l’aide d’urgence à 90 000 personnes dans l’est du Congo. Elle affirme que des secours d’urgence sont nécessaires car la situation se détériore jour après jour.

“Le monde devrait se mobiliser pour mettre un terme à cette tragédie et ceux qui l’ont provoquée devraient être tenus responsables,” a-t-il affirme Pierre Cibambo, agent de liaison pour l’Afrique auprès de Caritas Internationalis.

“La seule solution pour les plus de deux millions de personnes est d’augmenter la sécurité afin qu’elles puissent rentrer dans leurs villages, cultiver leurs terres, et reprendre une vie normale,” a-t-il affirmé.

Mme Fauvet avertit que, à cause de l’insécurité actuelle, les personnes hésitent à aller travailler et récolter leurs cultures, et que cela aura un impact sur la sécurité alimentaire.

“Les combats ont repris à une période où les cultures nécessitent le plus d’attention. Le rendement baissera considérablement cette saison,” a-t-elle expliqué.

Les cultures qui survivront n’aideront pas forcément la population vulnérable du Nord-Kivu.

“Les produits des champs de Cassava, qui ont été abandonnés depuis que les personnes ont fui, seront récoltés par les groupes armé “Les produits des champs de Cassava, qui ont été abandonnés depuis que les personnes ont fui, seront récoltés par les groupes armés,” a-t-elle déclaré.