Le sommet des Nations Unies sur le développement qui s’est tenu à Doha s’est terminé sans urgence ni engagement concret à aider les millions de personnes qui vivent dans des situations de pauvreté extrême.

La Conférence internationale annexe sur le Financement du Développement s’est terminée le 2 décembre sur la décision d’organiser « une conférence à un très haut niveau sur la crise financière et économique, ainsi que sur son impact sur le développement ».

Après quatre jours de négociations dont l’objectif était d’évaluer les progrès réalisés depuis la Conférence sur le Financement du développement (FdD) qui s’est tenue à Monterrey, au Mexique, du 18 au 22 mars 2002, les participants ne sont pas parvenus à s’accorder sur la réalisation d’actions importantes qui auraient pu contribué à améliorer les vies des plus démunis.

Le président de l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui est à l’origine de l’organisation de cette Conférence, est convaincu que cela est possible avant mars 2009, avant le prochain sommet du G20 qui se déroulera à Londres.
Selon Michel Roy, le représentant de Caritas Internationalis au Sommet de Doha, “Chaque minute, une mère meurt en accouchant. Un enfant meurt toutes les trois secondes. Ceci pourrait être évité grâce à une aide de 10 milliards $ supplémentaires par an. Les pauvres ne peuvent pas attendre plus longtemps qu’une action soit réalisée. Tandis que du jour au lendemain, on a trouvé des millions pour venir au secours du système bancaire, il est moralement injustifiable de laisser mères et enfants mourir de causes évitables.”
“Pour faire face à la crise globale, le monde a besoin de décisions efficaces et d’un suivi intégral et décisif. Ces décisions ne peuvent être prises uniquement par les pays riches, qu’ils soient 8 ou 20, car ils sont plus préoccupés par la défense de leurs propres intérêts que par ceux des plus démunis. C’est la raison pour laquelle Caritas Internationalis approuve la décision d’organiser au dernier moment un sommet qui réunit les pays membres des Nations Unies.

“Caritas encourage également le travail réalisé par le groupe d’experts mis en place par le Président de l’Assemblée Générale pour préparer cette conférence qui devraient travailler sur une réforme profonde des institutions de Bretton Woods pour les adapter à la situation actuelle.

“Cette décision unique apporte l’espoir aux nations les plus pauvres de pouvoir participer plus activement à la conception d’un mode démocratique et juste tandis que le vieux monde a démontré que malgré tout son savoir-faire, le développement à but lucratif est un échec. Il est temps de remettre l’être humain au centre du développement de l’humanité.”

Un des problèmes principaux du financement du développement est la mobilisation des ressources nationales. La Conférence de Doha a permis de faire un petit pas en avant en dénonçant les fraudes et les évasions fiscales qui pourraient être préjudiciables. Mais la Conférence de Doha n’a pas débouché sur un accord international sur la lutte contre l’évasion fiscale et les flux de capitaux illicites grâce à la promotion du Comité des Nations Unies sur les affaires fiscales en une organisation intergouvernementale. Ces pratiques coûtent aux pays pauvres entre $350 et $500 milliards par an, soit 5 fois le montant de l’aide qui leur est accordée.

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