
Les trafiquants
profitent du
relâchement des
contrôles frontaliers
entre l’Inde et le
Népal.
Credits: Katie Orlinksy/Caritas
“Les intermédiaires voient que la famille de la
jeune fille est pauvre. Ils disent aux parents:
“Je vais épouser votre fille et lui trouver un
bon travail”. Dans un camp de réfugiés de
l’est du Népal, un conseiller qui travaille dans
les écoles secondaires explique comment les
criminels ciblent les adolescentes. “Ils
affirment: ‘Elle va gagner beaucoup d’argent
et l’envoyer à sa famille. Ça va changer votre
vie’’’.
Au Népal, en Asie, dans le monde entier,
les trafiquants d‘êtres humains racontent les
mêmes mensonges aux jeunes femmes
pauvres et désespérées et à leurs familles.
Certes la vie de ces femmes change, mais pas
pour le mieux. Trop souvent, elles sont
envoyées hors de leur pays pour être
vendues, puis elles sont contraintes à se
prostituer ou à travailler sans être payées.
Pour lutter contre cette exploitation des
femmes, mais aussi des hommes et des
enfants qui en sont victimes, Caritas
Internationalis a mobilisé plusieurs groupes
dans le réseau COATNET – un réseau
oecuménique d’organisations chrétiennes
contre la traite des êtres humains dont elle
assure l’animation.
COATNET regroupe 36 organisations de
28 pays et fonctionne depuis dix ans. En
novembre 2011, à l’occasion de leur réunion
biennale habituelle qui s’est tenue à
Bruxelles, tous les membres sont convenus
que l’une des principales préoccupations du
réseau était de lutter contre la traite
pratiquée à des fins d’exploitation par le
travail.
Les membres de COATNET se contactent
d’un pays et d’un continent à l’autre, pour
essayer de retrouver les personnes qui ont
disparu ou qui sont dans une situation
difficile.
Les membres de COATNET d’Afrique,
d’Asie, du Moyen-Orient, d’Océanie et
d’Europe travaillent ensemble pour proposer
des formations professionnelles et des
services d’accompagnement aux rescapés et
offrir une assistance juridique à ceux qui
veulent dénoncer leurs trafiquants. En outre,
les membres coopèrent avec les organismes
publics pour faire appliquer les lois et jouent
le rôle de consultants auprès des forces de
police.
COATNET défend les droits des victimes et
plaide pour que les processus de migration
soient plus sûrs, afin que les personnes à
risque soient des proies moins faciles pour
les trafiquants. COATNET a fourni des
informations qui ont été reprises dans le
rapport de la Rapporteuse spéciale des
Nations Unies sur la traite des êtres humains,
concernant l’adoption d’une approche
fondée sur les droits dans les poursuites
judiciaires relatives aux cas de traite.
Mais le premier objectif de COATNET est
d’éviter avant tout que des personnes ne
soient achetées et vendues. Dans les petits
villages africains, dans les bidonvilles d’Asie
et partout où sévissent les trafiquants, les
membres de COATNET animent un service
téléphonique d’information, organisent des
sessions de sensibilisation dans les écoles,
diffusent des avertissements à la radio,
posent des affiches sur les arrêts de bus et
veillent à ce que les personnes soient
informées. Dans un camp de réfugiés, au
Népal, un autre conseiller formé par Caritas
déclare: “Si l’on peut sauver la vie ne serait-ce
que d’une jeune fille, on sera content”.