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Message de Pâques du cardinal Rodriguez
![]() Momoudou(center) and his wife and daughter left their village in Tahoua, because a disastrous harvest meant they didn’t have enough food to survive. Today, they live in a camp in Niamey, in a simple shelter made from cardboard boxes and tarpaulin. Aissa’s parents try to find odd-jobs in the city so that they can feed their family. À Pâques, les chrétiens attendent avec impatience le banquet spirituel que la Mère Église leur offre. Le message du Christ ressuscité est celui de la résurrection, du renouveau et de la régénération. Ce message se retrouve dans la nature qui nous entoure. Partout où nous regardons, il y a une renaissance de la vie. Mais parfois, nous avons l’impression que la nature nous a abandonnés. Dans la région du Sahel, en Afrique occidentale, 12 millions de personnes n’auront pas assez à manger dans les prochains mois. La faim qui se propage au Tchad, au Niger, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Gambie, et en Mauritanie est due en partie à la sécheresse et aux insectes nuisibles. La crise est également provoquée par l’homme : notre système alimentaire mondial favorise les grandes multinationales et affaiblit le petit agriculteur. La vérité, c’est que nous savions depuis des mois qu’une crise alimentaire était imminente en Afrique occidentale. Le pape Benoît a mis en garde en février : “Le Sahel sera à nouveau sérieusement menacé ces prochains mois par une baisse notable de ses ressources alimentaires”. Les membres du personnel Caritas et les personnes qu’on aide ont tiré la sonnette d’alarme. Certaines communautés disent même qu’elles n’ont jamais vu une situation aussi grave. Caritas a lancé des appels d’urgence pour fournir une aide alimentaire ainsi que sous d’autres formes à plus de 650 000 personnes. Mais la communauté internationale n’a pas agi. Ces pays du Sahel ont toujours moins de 50 % de l’aide dont ils ont besoin. Nous savons qu’en agissant tôt et rapidement, nous pouvons épargner des souffrances humaines et économiser de l’argent. Le Niger a déjà été confronté à des urgences alimentaires en 2005 et 2010. Le coût pour éviter une crise de la faim au Niger en 2005 était estimé à 7 $ par personne. Le monde n’a pas agi. Répondre à la crise généralisée a coûté 23 $ par personne. Pâque est une période d’espoir. Nous espérons que les pays riches vont entendre l’appel des pauvres et que, motivés par la justice, ils vont donner au Sahel l’aide alimentaire dont il a besoin. Nous espérons également que les leaders mondiaux vont se rendre compte que notre système alimentaire mondial est brisé. Ils doivent le réparer et faire en sorte qu’il fonctionne pour tout le monde. Joyeuses Pâques et que le Christ ressuscité vous bénisse de sa joie !
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