Atelier Caritas ¨Migration et Développement¨

Fotos: Elodie Perriot/Secours Catholique

Fotos: Elodie Perriot/Secours Catholique

Par Geneviève Colas, Secours Catholique

Lors de l’atelier « Migration et Développement », la participation de tous, migrants, travailleurs sociaux, responsables associatifs,… a fait la richesse des échanges qui permettront par la suite de construire un plaidoyer aussi bien au niveau national qu’international.

Dans le dialogue de haut niveau sur Migration et Développement d’octobre 2013, aux Nations Unies, à New York, l’ensemble de la société civile doit être associée à la réflexion. Il est nécessaire de voir comment la question de « Migration et Développement » sera abordée pour le bien-être des migrants parfois stressés, en transit et dans des situations humanitaires fragiles, en partant des migrants eux-mêmes.

Tout en favorisant une approche globale « Migration et Développement » une attention particulière doit être portée pour prévenir la traite des êtres humains et promouvoir une migration dans la dignité.

La migration temporaire se développe du fait de la flexibilité du marché du travail et les flux migratoires étant davantage contraints, l’expulsion devient l’épée de Damoclès au-dessus de la tête des migrants. Cela a des conséquences pour les migrants par rapport à la liberté d’association, la participation aux syndicats, le travail décent et le regroupement familial dont les critères d’accès sont prohibitifs. Cela peut laisser les migrants dans une situation de précarité sociale et économique : une stratégie dans le futur sera non seulement de s’intéresser à la précarité des migrants mais aussi avoir un souci pour la précarité en général.

Concernant les parcours migratoires, les échanges ont mis en évidence l’importance de privilégier l’analyse et la gestion des causes au traitement des conséquences. L’information en amont est essentielle (sensibiliser les migrants, les étudiants, dialoguer avec les autorités et la population locale, informer correctement sur le pays de destination, prévenir la traite des êtres humains). Pendant le parcours migratoire il s’agit de : permettre aux personnes de vivre dans la dignité, en éliminer les obstacles ; proposer accueil et orientation juridique et sociale, garantie des droits primaires aux migrants (santé, éducation) ; favoriser l’utilisation de transfert des fonds pour les bénéfices des communautés dans les pays d’origine notamment pour les familles restées au pays. Les liens entre pays d’origine et de destinations sont tout à fait nécessaires pour favoriser une migration dans des conditions dignes.

En ce qui concerne des populations particulièrement vulnérables telles que les femmes et les mineurs, il est nécessaire de renforcer les politiques familiales afin de prévenir la migration des mineurs (emploi des parents, éducation, formation professionnelle) et de trouver des systèmes qui éliminent la dépendance des travailleurs domestiques.

Il faut pousser les pays ayant ratifié les Conventions internationales telles que celle relative aux Droits de l’enfant et celle relative à la protection des travailleurs migrants et de leurs familles à les appliquer, et les autres pays à les ratifier et à les appliquer. Il faut aussi faire pression sur l’Union Européenne pour créer une loi commune en matière d’accueil des mineurs étrangers non accompagnés et ceux devenant majeurs.

Par ailleurs, la mobilité et la reconnaissance des formations doit permettre aux migrants de trouver leur place dans leur pays d’accueil ou dans leur pays d’origine et donner partout la chance d’accéder à un travail décent. Faciliter, améliorer la mobilité à travers des coopérations entre les universités permettra aussi de donner plus de cohérence dans les parcours. L’éducation doit offrir des possibilités pour, temporairement, rester dans le pays étranger où l’on étudie ou rentrer chez soi.

Ne pas confondre retours « volontaires » et « forcés » parait un préalable. Concernant le retour, la mise en place d’un processus de suivi est très important une fois la personne rentrée. Préparer et associer les familles en amont et en aval est un gage de réussite. Un appui spécifique aux mineurs non accompagnés qui rentrent pour la rescolarisation est nécessaire. Il est nécessaire d’accompagner les personnes dans une formation adaptée au marché de l’emploi dans leur pays de retour, d’encourager les associations de migrants rentrés pour qu’ils s’intègrent mieux. Une meilleure reconnaissance des capacités que les migrants ont acquises sur le parcours et dans le pays de transit favorisera le retour. Il faut former les personnes à la gestion de projet avant le retour pour qu’ils gèrent mieux la somme allouée à la réinstallation.

La mobilité humaine est un fait. Elle est bénéfique pour tous et c’est une source de richesse si elle est bien gérée. La rétention ne peut être une solution pour régler les difficultés au cours du processus migratoire.

Caritas est de l’avis que la migration humaine qui a toujours existé a créé de nouvelles cultures et opportunités. Cela doit répondre au choix de rester ou de partir. La migration doit pouvoir s’exercer dans la légalité, dans la dignité et dans des conditions monétaires abordables. Dans leur processus migratoire, les migrants ont le devoir de chercher des opportunités qui leur permettent de vivre dignement.

La mobilité humaine pourrait/devrait être un objectif du millénaire pour le développement.

Les participants du séminaire lancent un appel pour travailler ensemble pour la dignité, la solidarité et l’accueil avec et des migrants.

POINTS FORT DE L’ATELIER CARITAS ¨MIGRATION & DEVELOPPEMENT¨

Par Laurence, Caritas Algérie

Côté ¨panel¨, l’apport de M. Jean Louis Cassarino était des plus pertinents : ¨prendre en compte les causes de la migration¨. Caritas est invité à poursuivre son soutien, dans les pays d’origine aux projets de développement qui permettront aux personnes de mieux vivre sans être contraintes de migrer. Ensuite, bouger, vivre ailleurs, doit rester un droit fondamental, s’il est choisi.

Une autre piste de réflexion intéressante : le rapprochement des États de leurs citoyens à travers les politiques de restriction/répression des populations migrantes. De l’importance d’un éveil politique (lien avec autre atelier Secours Catholique) dans la lutte contre la pénalisation de la mobilité humaine.

Dans notre souci de pays de transit (Algérie-Maghreb) et de rapprochement des pays d’origine sud-sahariens , l’expérience Mexicaine que Jacquelina nous a présentée est plus qu’intéressante. La structure familiale vulnérabilisée par la migration d’un de ses membres, gagne à être soutenue socialement et psychologiquement afin de retrouver la force d’une construction nouvelle là où elle est et avec ce qu’elle est.

Ce sont deux ouvertures vers le développement, au ¨départ¨, ou ¨après le départ de l’autre¨, à exploiter, soutenir.

N.B. : Bref, après un temps de déception dû à des aspirations à trouver la ¨perle¨ cachée, à la fatigue d’un long (trop long) panel, à des groupes de réflexion trop courts, j’ai pêché ¨2 perles¨, 3 peut-être!

Et puis, être ensemble, en Caritas, nous qui sommes parfois assez isolés, dépendants, c’est plutôt ressourçant! Merci à tous!

Migration et Développement: un lien à renforcer

Par Pierre-Marie Espagnet, Caritas Maroc

La politique est, paraît-il un art, qui consiste à gérer et administrer.  Le travail social serait, quant à lui, une pratique, qui tente d’accompagner une personne vers son automisation.

Nos sociétés sont fatiguées des ¨exercices pédagogiques¨ de gestionnaires, tentant d’expliquer en quoi les ¨politiques de la ville¨, ¨politique de la jeunesse impactent concrètement notre quotidien, qui ne semble pas changer.

Nos dirigeants semblent étonnés que leurs administrés ne perçoivent par leurs efforts pour les mener à ¨la croissance¨.

Ce clivage tourne parfois à la fracture. Avec l’atelier ¨Migration & Développement¨, nous avons tenté de conserver le lien entre les acteurs qui travaillent auprès des migrants et ceux qui se penchent sur les politiques migratoires. Le conserver et le renforcer, pour qu’en parlant de politique migratoire, nous n’oublions pas les migrants, et pour qu’en travaillant auprès des dirigeants, nous essayons de faire ¨reculer¨ les politiques migratoires coercitives.

C’est ajouté au défi que de réfléchir de façon globale entre ¨Migration & Développement¨ et non ¨Migration¨ puis/et ¨Développement¨.

Assurément, vu ce vaste programme et ces énormes enjeux, il était utopique de ¨cerner le sujet¨ en 3 h.

Fort heureusement ! il est toujours bon d’avoir sur soit une dose d’utopisme….

Une thématique qui touche tous les pays

Par Ariéla Mitri, Caritas Albanie

Pour moi c’était très important de participer à cet atelier  comme citoyenne originaire d’un pays de transit pour les personnes migrantes. Aussi, la  thématique de la Migration est une thématique qui touche tous les pays, à différents niveaux.

Personnellement, j’ai trouvé ma place dans cette thématique vivant dans un pays de transit; ce genre d’atelier me permet de comprendre comment, nous qui faisons partie de différentes Caritas, nous pouvons mieux organiser et gérer ce chantier important. Ce genre d’atelier nous permet d’élargir nos points de vue pour mieux intervenir sur la problématique, pas seulement comme Caritas mais aussi comme citoyen de pays d’origine, de transit et de destination.

L’échanges d’expériences entre nous, m’a permit de comprendre qu’il y a une très forte volonté d’améliorer la situation des migrants mais j’ai aussi constaté que nous manquons encore de coordination au niveau international pour faire avancer les choses sur cette question.

Tous ensemble pour changer les choses!

Par Najla Chahda, Caritas Lebanon Migrant Center

C’est génial de pouvoir être réunis tous ensemble (plus de 60 personnes du réseau Caritas ) pour dénoncer la vulnérabilité des migrants mais surtout de promouvoir le fait que la migration est bénéfique à tous les pays qu’ils soient de transit, de destination mais aussi pour les pays d’origine. Le fait de pouvoir réunir nos forces est essentiel car ensemble, on peut tout ! Nous pouvons changer les perceptions et promouvoir un monde plus juste,  nous pouvons influencer nos gouvernements et notre voix peut faire changer les choses.

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