Le Centre Caritas de Zarqa en Jordanie

Par Romilda Ferrauto, Radio Vatican

Chady and his sister. Photo by Radio Vatican

Chady and his sister. Photo by Radio Vatican

Situé à 40 minutes au nord-est d’Amman, en direction de la frontière syrienne, il compte une trentaine de salariés et huit bénévoles. Son efficacité repose sur le travail d’équipe et sur les fréquentes réunions opérationnelles pour repérer les besoins et mettre au point des stratégies. Les locaux se trouvent en face de la paroisse latine. Juste à côté, sur le même trottoir, un petit magasin vend des objets religieux : des statuettes de la Vierge, des représentations du Sacré Cœur de Jésus… A l’entrée du centre, des panneaux rappellent que Caritas n’est pas un « job », c’est une mission qui a pour maîtres-mots : aide, justice, respect, espoir, amour. Sur un mur, la photo du Pape François est accrochée à côté de celle du roi de Jordanie Abdallah II. S’ils côtoient quotidiennement la détresse, les employés de Caritas ne perdent pas leur bonne humeur. Accueillants et souriants, ils font face.

Le reportage de Romilda Ferrauto

Le directeur du Centre, Farez Francis, est un homme robuste, efficace, pragmatique, animé par une passion sincère. Pas de prises de position idéologiques, pas d’états d’âme. Rien ne doit nous arrêter, affirme-t-il avec conviction. Une icône de la Vierge est posée sur son bureau au milieu des piles de dossiers, tandis que son téléphone ne cesse de sonner. Le centre, nous explique-t-il, vient en aide à 9000 familles, dont 8000 familles syriennes. Chaque famille est composée en moyenne de 5 individus, ce qui fait 45 000 personnes en tout. Certains ont passé la frontière de manière illégale, d’autres se sont échappés du camp de Zaatari, géré par le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés. C’est généralement le bouche à oreille qui les amène jusqu’à la Caritas. Il s’agit en très grande majorité de femmes et d’enfants. Les hommes sont très peu nombreux. Ou ils sont morts, ou ils sont en prison ou bien ils combattent dans les rangs de l’armée ou de la rébellion. Caritas, tient à préciser Farez Francis, aide à tous ceux qui viennent frapper à sa porte, sans distinction de nationalité ou de religion, et s’efforce de faire sentir aux personnes assistées que leur dignité est respectée.

Le centre offre de nombreux services : des consultations médicales sur rendez-vous, notamment pour les pathologies chroniques telles que le diabète, une assistance psychologique et intervient également au niveau de l’éducation, le secteur le plus difficile. Caritas soigne les corps mais aussi les cœurs et les traumatismes : il y a les femmes violées sur leur route vers la Jordanie, les enfants qui ont vu mourir leurs proches, les personnes âgées, déracinées dans un environnement étranger… La plupart ont tout perdu et doivent recommencer à zéro. Il faut non seulement les loger, les nourrir et les soigner, mais aussi les aider à affronter leur nouvelle vie en Jordanie, et si possible les aider à trouver une occupation, car le désœuvrement aggrave leur malaise. Au début, ils avaient l’espoir de retourner chez eux. Avec le prolongement de la crise syrienne, certains s’installent avec résignation. Mais ils sont de plus en plus nombreux à rêver de pouvoir émigrer en Occident : en Australie, aux Etats Unis, en Europe. De toute façon, ils ont trop peur de rentrer en Syrie où ils ne possèdent plus rien. Tout a été détruit.

Les employés suivent des cours de formation pour être à même de faire face aux besoins. Les arrivants sont enregistrés, leurs coordonnées et nécessités signalées. Leurs besoins prioritaires : qu’on les aide à payer leur loyer, qu’on leur fournisse une assistance médicale, qu’on leur distribue des bons pour faire leurs courses dans des supermarchés ou autres magasins conventionnés. Tous les centres Caritas de Jordanie sont en réseau et partagent leurs données. Ce qui permet d’assurer le suivi et de décourager ceux qui seraient tentés de s’adresser à plusieurs centres à la fois pour obtenir un maximum d’aide. Quand ils sortent du centre, pour aller visiter les familles, les employés et les volontaires arborent sur leur veste l’écusson de Caritas pour montrer aux gens du quartier qu’ils peuvent leur faire confiance.

Au premier étage, en plus de la direction et des services d’accueil, nous visitons un cabinet de médecine générale et dentaire. Au deuxième étage, une trentaine de femmes voilées, deux hommes et quelques enfants, assistent à un cours quotidien de formation. Les participantes peuvent apprendre à confectionner des vêtements pour leur famille ou pour les vendre. Il y a aussi des cours de cuisine : comment préparer des confitures, des conserves, des pâtisseries, et comment les vendre. Dans une des salles, transformée en garderie, huit enfants, assistés d’une jeune éducatrice s’adonnent aux joies du coloriage pendant que leurs mères sont en entretien avec les employés de Caritas. Les enfants sont invités à choisir une carte ou une marionnette représentant différents états d’âme : peur, tristesse, joie, colère…. Une psychologue surveille leur comportement, leurs réactions et leurs dessins pour détecter d’éventuels traumatismes.

Dans l’escalier, nous croisons des volontaires syriens, un garçon et une fille, tous deux musulmans. Ils étaient eux-mêmes assistés par la Caritas et ils ont été séduits par ce qu’ils ont vu. Ils veulent aider à leur tour. La solidarité, c’est contagieux !

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