Les agricultrices du Nicaragua prennent leur destin en main

Alba Marina Rosales Ruiz est une femme de 33 ans qui vit au Nicaragua, dans une petite communauté rurale appelée Quebrantadero, et qui travaille dur pour améliorer la qualité de vie de sa famille. Alba Marina participe au programme ‘Droit à l’alimentation’ de Caritas Nicaragua, qui a reçu le prix « Femmes, semeuses de développement » décerné par Caritas Internationalis. Elle se rendra à Rome pour recevoir ce prix au nom des communautés qui participent au projet. Dans cette interview, elle nous décrit son quotidien à Quebrantadero et ses sentiments vis-à-vis de cette reconnaissance.

Alba Marína Rosales Ruíz, lauréate du prix décerné par Caritas Internationalis et Voices of Faith

Alba Marína Rosales Ruíz, lauréate du prix décerné par Caritas Internationalis et Voices of Faith

Pourriez-vous nous dire quelle est votre situation familiale et dans la communauté?

Ma famille se compose de six personnes. J’ai quatre enfants. La plupart de mes voisins ont eux aussi des familles assez nombreuses.

Qu’est-ce qui vous a amenée à participer au projet d’agriculture familiale et de droit à l’alimentation de Caritas?

Nous l’avons fait parce que nous croyons dans ce projet, il nous plaît beaucoup. Et je pense qu’il faut profiter des aides qui nous sont offertes. De plus, nous voulons nous en sortir avec ce que nous-mêmes plantons et récoltons : des fruits et des légumes qui nous aident à apporter un revenu à la maison et à faire grandir les enfants en bonne santé.

Pouvez-vous nous expliquer les difficultés et les problèmes du passé?

Un des problèmes que j’ai eus dans le passé, c’est que je n’avais aucun soutien en termes d’équipements pour l’irrigation et de semences, alors que maintenant, grâce au programme de la Caritas diocésaine de Juigalpa et à ceux de Caritas Espagne, ma famille a moins de difficultés.

Avant le programme de Caritas, quelle était votre situation familiale?

Avant, ma famille était dans une situation telle que, par exemple, si on voulait manger une tomate, on devait l’acheter, alors que maintenant que je produis, le régime alimentaire de ma famille s’est amélioré, nous n’avons pas besoin d’acheter des légumes, et ce qui nous reste, nous le vendons au marché.

Quelle était votre situation financière?

Nous avions trop peu d’argent, parce que je n’avais rien à vendre, je m’occupais seulement des tâches ménagères et de mes enfants.

Que cultivez-vous dans votre potager?

Poivrons, tomates, concombres, radis, betteraves, courges, carottes, haricots, sorgho, manioc, plantains, bananes, melons, oignons et pastèques.

Dans des villages proches de Juigalpa au Nicaragua, Caritas aide les agriculteurs à produire davantage d’aliments. Caritas distribue des graines, aide à construire des systèmes d’irrigation, forme les agriculteurs à lutter contre les nuisibles.

Dans des villages proches de Juigalpa au Nicaragua, Caritas aide les agriculteurs à produire davantage d’aliments. Caritas distribue des graines, aide à construire des systèmes d’irrigation, forme les agriculteurs à lutter contre les nuisibles. Photo de Laura Sheahen/Caritas

Quel a été le rôle des femmes dans le projet?

Un rôle très important, parce que nous nous sommes chargées de faire participer toute la famille, les maris comme les enfants. Nous avons soutenu nos maris et nous avons travaillé ensemble, en famille.

Que représente pour les femmes de votre communauté ce prix que Caritas Internationalis vous a décerné pour votre engagement dans ce projet d’alimentation?

Pour nous, c’est un grand don de Dieu. Nous ne nous attendions pas du tout à recevoir un prix pour ce que nous faisons ici. Et je remercie Dieu pour l’opportunité que j’ai d’aller à Rome le retirer.

Quand et comment avez-vous appris l’existence du programme de Caritas?

J’ai appris l’existence de ce programme quand des promoteurs bénévoles de la Caritas diocésaine de Juigalpa sont passés ; ils m’ont motivée en me disant que j’allais bénéficier du programme, et j’ai décidé de saisir l’occasion.

Que pensez-vous du programme?

Je pense que ce programme a été très important pour améliorer ma qualité de vie et celle de ma famille, parce que nous avons bénéficié de beaucoup de choses, en particulier des ateliers qu’ils ont organisés. En effet, nous avons appris à nous occuper de nos enfants, du moment que nous mettions en pratique ce que nous avions appris.

Tout était bien : de l’aide et de la formation que nous avons reçues jusqu’à l’accompagnement des personnes de la Caritas.

Quelle est la partie la plus difficile dans la gestion de votre potager?

La chose la plus difficile a été au départ l’activité d’irrigation parce que nous devions tirer l’eau dans des seaux pour arroser, puis Caritas nous a aidés avec des équipements d’irrigation. Maintenant nous avons besoin d’élargir le terrain et il nous faut un moteur pour puiser plus d’eau.

Pouvez-vous faire une comparaison entre votre vie avant le programme et votre vie après?

Une comparaison que je peux faire est qu’avant le programme, on n’avait aucun revenu dans ma famille, seulement des dépenses. Plus maintenant, avec le programme ‘Droit à l’alimentation’, j’ai enfin un revenu.

Pouvez-vous décrire votre situation économique avant et après le programme?

Avant le programme, c’était plus difficile parce que je ne produisais rien pour améliorer ma situation financière. Bien que le programme ne soit pas terminé, je n’oublie certainement pas que ma situation financière s’est améliorée, parce que nous produisons et obtenons un peu plus de revenus pour ma famille.

Un membre d’une famille de paysans dans un village près de Juigalpa au Nicaragua. Photo de Laura Sheahen/Caritas.

Un membre d’une famille de paysans dans un village près de Juigalpa au Nicaragua. Photo de Laura Sheahen/Caritas.

Vous avez fait du bon travail. De quoi êtes-vous le plus fière?

Je pense que j’ai fait du bon travail, parce que les frères de Caritas Espagne étaient très contents, ils étaient ravis. On reconnaît le travail bien fait et cela me rend fière. Chaque fois qu’ils nous rendent visite, ils me trouvent travaillant dans le potager avec ma famille (mon mari et mes enfants).

Quels conseils donneriez-vous aux autres femmes pour les encourager à participer à des initiatives de développement dans votre communauté?

Je les inviterais à participer à ces initiatives, à demander à Dieu de leur donner la force d’élever leur famille, à collaborer avec leur mari et leurs enfants, à s’entraider et à ne pas se décourager.

Le conseil que je donnerais aux femmes est de travailler ensemble, en famille, et je leur dirais qu’en faisant des efforts, on peut réussir à améliorer la qualité de vie.

Rédigé par Mario Fanjul, Gema Martin Borrego et Laura Sheahen. Le projet de Caritas Nicaragua a été financé par Caritas Espagne.

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