Les réfugiés syriens se battent pour avoir accès aux soins de santé au Liban

«Je n’avais pas d'argent et aucun moyen pour en obtenir, et Caritas m’a réellement beaucoup aidée. » a dit Ghossoun.

«Je n’avais pas d’argent et aucun moyen pour en obtenir, et Caritas m’a réellement beaucoup aidée. » a dit Ghossoun.

En Syrie, une mère est généralement très fière d’avoir des garçons, et Ghossoun l’était à juste titre de ses cinq fils. Élevés dans une ferme dans la région syrienne de Homs, quand ils ont grandi et quitté la maison, ils sont tous entrés dans l’armée. C’est une carrière stable et respectable. Ghossoun et son mari sont restés à la maison avec leur plus jeune enfant, leur seule fille.

Puis la Syrie est entrée en guerre.

«Nous ne voulions pas participer à la guerre. Nous n’étions ni pour ni contre le régime. Mais malheureusement, nous n’avons pas eu cette option », a déclaré Ghossoun.

Étant dans l’armée, ses fils ont été pris pour cible car considérés comme des partisans du régime, bien que Ghossoun affirme que leur choix de carrière n’était pas une déclaration politique. Les menaces ont empiré, et un jour malheureux, le mari de Ghossoun a été assassiné alors qu’il travaillait à la ferme.

Craignant pour la vie de ses enfants, Ghossoun a fui au Liban avec sa famille.

Cela a fait de ses fils des déserteurs militaires, maintenant, ils ont des ennuis avec le régime et avec ses opposants. «Nous avons dit aux autorités que leur père avait été tué et que leur vie était menacée, mais bien sûr, ils ne nous ont pas cru», dit-elle.

Ils ont même été poursuivis au Liban par le groupe qui avait tué leur père, et ont dû se déplacer à plusieurs reprises. Maintenant, ils vivent en se cachant, et ne sortent de la maison qu’en cas de besoin extrême.

Ce besoin extrême a surgi un jour, en 2013, quand Ghossoun a commencé à saigner et a dû se rendre au dispensaire de Caritas Liban pour demander de l’aide. Elle a reçu un choc en apprenant qu’on lui avait diagnostiqué un cancer de l’intestin.

Le système de santé libanais est en bonne partie privé. Il est rare d’obtenir un traitement gratuit, même dans les quelques hôpitaux publics (où les soins sont en fait moins bons), et même si l’on est libanais.

Pour les réfugiés syriens pauvres qui ont besoin de soins médicaux, c’est un énorme problème, et beaucoup se battent désespérément pour avoir accès aux soins. Les Nations Unies paient jusqu’à 75 pour cent des frais médicaux, mais il faut respecter les différents critères de sélection, et la famille ou la personne en question doit trouver ou collecter le restant 25 pour cent. Caritas est l’une des seules organisations au Liban offrant un soutien pour les frais médicaux.

Caritas a pu donner le fonds supplémentaire pour l’opération dont Ghossoun avait besoin.

« Dès que mon cancer a été diagnostiqué – et j’aimerais remercier toutes les personnes de Caritas qui m’ont aidée – ils m’ont orientée vers les Nations Unies pour le financement et vers les hôpitaux où je pouvais être traitée, » explique-t-elle.

Un an après son opération, Ghossoun est guérie du cancer, et a été suivie régulièrement dans un dispensaire qui offre des soins aux patients libanais, syriens et irakiens.

Bon nombre des services offerts au dispensaire ont été gratuits au cours des deux dernières années – comme les prises de sang, les radiographies et les médicaments. La consultation chez un médecin généraliste, un pédiatre ou un gynécologue est aussi gratuite. Actuellement, le dispensaire voit 30 familles par jour, mais l’année dernière, dans les périodes de pointe, il en voyait jusqu’à 50.

Actuellement, le dispensaire ne peut plus offrir ses services gratuitement car le financement de ce projet est épuisé. Zelfa Antoun, la directrice du dispensaire, espère que des financements arriveront bientôt, afin qu’ils puissent continuer à offrir gratuitement ces services vitaux à ceux qui en ont désespérément besoin.

Caritas est l'une des seules organisations au Liban offrant un soutien pour les frais médicaux. Credit: Tabitha Ross/Caritas

Caritas est l’une des seules organisations au Liban offrant un soutien pour les frais médicaux. Credit: Tabitha Ross/Caritas

« Les problèmes sociaux et les mauvaises conditions de vie peuvent causer ou exacerber les problèmes médicaux graves », a déclaré Mme Antoun, qui est une infirmière autorisée.

«Nous constatons de nombreux problèmes liés aux mauvaises conditions de vie, à l’humidité, au mauvais assainissement. Nous voyons des cas de gale et d’autres problèmes de dermatologie, de diabète, d’hypertension, de diarrhée, et même de tuberculose ».

Le pédiatre du dispensaire, le Dr Rouchdy El Haj, a déclaré: «Je travaille ici parce que je veux aider les gens. Parfois, c’est frustrant parce que nous n’avons pas le pouvoir ni les ressources pour faire ce que nous devons faire. Nous faisons ce que nous pouvons, mais cela ne suffit pas ».

Avec près de 1,2 millions de réfugiés syriens au Liban, les besoins sont grands.

Ghossoun considère, quant à elle, que l’équipe de Caritas lui a littéralement sauvé la vie: «Je n’avais pas d’argent et aucun moyen pour en obtenir, et Caritas m’a réellement beaucoup aidée. »

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