Atteindre les villages reculés au Népal et leur apporter des soins de santé

Madhu est membre de la Camillian Task Force, qui travaille en partenariat avec Caritas Népal pour apporter des soins de santé aux communautés dévastées par le tremblement de terre. Ces dernières semaines, Madhu et 14 autres membres ont marché en pleine montagne, vu des glissements de terrain et dormi sous tente afin d’atteindre les communautés les plus reculées de Gorkha, épicentre du tremblement de terre qui a secoué le Népal le 25 avril.

Madhu explique que l’accès aux communautés reculées et isolées de Gorkha est parfois difficile : « Sur le chemin pour Kashigauw, nous avons formé deux groupes. Nous avons parcouru la moitié du chemin en voiture, puis arrivés là, il n’y avait plus rien : il fallait continuer à pied. Nous avons donc marché une journée entière en portant tous les médicaments. Nous avons marché du matin au soir, et encore ce n’était que la moitié de la route. »

L’équipe médicale apportant à pied des provisions aux communautés reculées de Gorkha.

L’équipe médicale apportant à pied des provisions aux communautés reculées de Gorkha. Photo par Cammillian Task Force

C’est à ce moment-là, quinze jours après le premier tremblement de terre, que Madhu et son équipe ont atteint le village de Manbu. Ils ont pu voir que Manbu n’avait toujours pas reçu d’assistance médicale, donc la moitié de l’équipe est restée sur place pour monter un camp médical. Le jour suivant, Madhu et la moitié de l’équipe se sont mis en route pour Kashigauw, aussi à un jour de marche.

Mise en place du camp médical de Kashigauw

« Nous avons fini par arriver à Kashigauw », raconte Madhu. « Nous avons pu constater que la situation était précaire et que les habitants étaient très pauvres. Il n’y avait aucune route. Pour se rendre là-bas, il n’y avait pas d’autre moyen que la marche. Plus de 90% des maisons étaient entièrement détruites. »

« Nous avons vu 250 patients en trois jours. Il y avait environ 25 cas de diarrhée… Je dirais que la diarrhée est liée indirectement au tremblement de terre. Les gens vivent dehors, et leur approvisionnement en eau est perturbé », explique-t-il. « L’hygiène était très pauvre là-bas, alors nous avons dispensé une éducation sanitaire. Nous avons également apporté des pastilles de purification d’eau et avons appris à la population à s’en servir. »

Après avoir fait fonctionner trois jours la clinique médicale de Kashigauw, l’équipe a ensuite marché deux jours pour redescendre la colline et rejoindre le reste du groupe, où elle s’est reposée pendant deux jours.

Blessures liées au tremblement de terre

Après avoir repris des forces, l’équipe s’est ensuite rendue à Simjung. Ici aussi, le véhicule a dû s’arrêter en cours de trajet, et l’équipe a dû continuer à pied trois heures pour rejoindre le village.

Mise en place de camps médicaux dans le village.

Mise en place de camps médicaux dans le village. Photo par Cammillian Task Force

A Simjung, l’équipe a vu près de 500 patients. La population présentait des blessures liées au tremblement de terre, telles que des entorses, des fractures et des plaies. « Peut-être à cause de l’environnement, de nombreuses personnes sont tombées et se sont coupées. Pour nous, nous faisions une cinquantaine de bandages par jour », raconte Madhu.

« Il y a une patiente, est-ce que vous pouvez aller la voir ? »

Madhu évoque en effet leur rencontre avec une femme dont la vie était en danger. « Elle a accouché par césarienne à l’hôpital puis est retournée chez elle. Lorsque nous sommes arrivés dans le village, ils nous ont dit : « il y a une patiente, est-ce que vous pouvez aller la voir ? » Quand nous sommes arrivés, c’était vraiment horrible. La plaie était toute infectée et grande ouverte. Nous sommes certains que si personne ne l’avait vue, elle serait probablement morte quelques jours plus tard. » Après avoir bandé la plaie, Madhu et son équipe ont parlé au responsable du comité de quartier et ont organisé son transfert à l’hôpital.

La vie après le tremblement de terre

Le tremblement de terre et les répliques qui ont suivi ont également eu des conséquences significatives sur les niveaux de stress et d’anxiété des femmes, des hommes et des enfants. « Les gens sont très anxieux, car il y a des tremblements tous les jours », raconte Madhu.

Alors qu’ils travaillaient dans les camps médicaux, Madhu et son équipe ont dormi sous tente, comme la plupart des habitants. « La nuit, quand il y avait des tremblements, on entendait tout le monde crier. Les mères criaient après leurs enfants pour vérifier où ils étaient et s’assurer qu’ils étaient en sécurité. On vit dans un autre monde. Ils ne savent pas ce qui peut arriver d’un instant à l’autre. C’est quelque chose que nous avons vraiment vécu en vivant sous tente avec la population.

« Après ça, il s’est mis à pleuvoir », continue Madhu. En plus de l’angoisse des répliques du tremblement de terre, les gens doivent aussi faire face au mauvais temps. « Nous avions des tente légèrement mieux je dirais, mais nous avions du mal à les maintenir droites lors des grosses pluies. J’ose imaginer la difficulté des personnes vivant seulement sous une bâche. »

« Donc je pense que ce n’est pas seulement ce que nous avons fait, mais aussi ce que nous avons vécu, un bout de ce que les gens traversent vraiment », termine Madhu.

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