La traite humaine dans les situations de crise

Durant la 29e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, Caritas Internationalis et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont organisé un événement intitulé « La traite des personnes en situation de crise ou d’après crise ».

La traite humaine continue d’être un problème d’ampleur mondiale, aussi bien pour les pays développés que pour ceux en voie de développement. Mais cet événement était organisé à un moment vital, car des études récentes ont montré que la traite humaine dans les situations de conflit ou d’après conflit est un problème en pleine croissance.

La traite humaine se produit en situation de conflit, car ces situations rendent le gouvernement faible, aggravent la pauvreté, et laissent les personnes vulnérables sans défenses autres que les leurs. Les rapports présentés lors de l’événement, aussi bien par Caritas Internationalis que par l’OIM, cherchaient à apporter une réponse à la question fondamentale posée par l’une des participantes, Geneviève Colas : « Comment peut-on mieux atteindre les victimes de la traite en temps de conflit ? »

Un rapport de Caritas a étudié la situation de la traite humaine en Albanie, en Arménie, en Bosnie-Herzégovine, en Bulgarie, au Kosovo, en France, au Liban, en Turquie et en Ukraine. Les conclusions montraient que les programmes d’aide d’urgence durant les phases de conflit et de reconstruction se concentrent essentiellement sur les besoins immédiats tels que la nourriture, l’eau potable, les soins médicaux et les abris. Cependant, trop peu est fait pour affronter l’exploitation des enfants, des femmes et des autres groupes minoritaires.

Et ce manquement laisse à ces personnes vulnérables bien peu d’espoir de changement. Par exemple, 15 ans après les conflits en Bosnie et au Kosovo, le manque de protection pour les groupes vulnérables a dégénéré en crime et en traite humaine. Dans un des autres exemples fournis, beaucoup de jeunes femmes et de filles se font marier par leurs parents dans l’espoir d’un avenir meilleur, mais tragiquement, elles finissent souvent par être violées et abusées.

L’OIM a relaté que beaucoup de personnes déplacées suite à des situations de crise se retrouvent ensuite portées dans des situations vulnérables. Souvent on profite d’elles : cela comprend l’achat d’hommes pour les faire devenir combattants durant les conflits, les femmes et les filles qui sont forcées d’à offrir des « faveurs sexuelles », l’exploitation économique, ou les mariages forcés d’enfants.

Les experts de l’OIM ont dit : « les situations de crise peuvent exacerber les vulnérabilités préexistantes à la traite des êtres humains et favoriser son développement », et que : « la traite devrait être perçue comme étant directement liée aux situations de crise et non pas simplement comme un effet secondaire. »

Le besoin urgent de prévention et de plaidoyer dans le domaine a été souligné. Aussi bien Caritas que l’OIM ont incité les nations à « traiter cette réponse comme une activité de protection permettant de sauver des vies. » Ce type d’activité doit être pleinement développé et intégré avant, durant et après la crise. Parmi les autres suggestions pour une action efficace, la formation des forces de police, le travail auprès des jeunes gens pour prévenir les mariages forcés, les programmes économiques, et la formation des enseignants pour préserver les jeunes les plus vulnérables de la traite.

Parmi les participants à cet événement, on comptait : Maria Grazia Giammarinaro, Rapporteur spécial de ONU sur la traite humaine ; Geneviève Colas, de Secours Catholique – Caritas France ; Olivier Peroux, un expert indépendant ; Laurence Hart, Sarah Craggs et Agnes Tillinac, de l’OIM ; Mgr Hector et Fabio Henao, de Caritas Colombie ; Fady Moussa, de Caritas Liban ; et Martina Liebsch, de Caritas Internationalis.

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