Comment le changement climatique a un impact sur les droits fondamentaux des personnes

Un blog par Silvia Sinibaldi

L’été dernier, grâce à l’appui précieux de Caritas Suisse, j’ai eu la chance de visiter l’Ethiopie. Une fois sur place, j’ai passé une semaine dans le district d’Addigrat, dans la région du Tigré, et deux semaines à parcourir le pays.

Dès le premier jour, sur la route entre Magalié et Adigrat, Sebatu, un membre du Secrétariat diocésain catholique, m’expliquait que la pluviométrie avait vraiment été très faible jusqu’alors, bien que l’on fut en pleine saison des pluies. Le paysage autour de nous confirmait ses paroles. C’était ma première visite dans cet incroyable pays et je ne pouvais donc pas comparer avec  des situations similaires lors de précédents voyages, mais il était clair que la terre demandait silencieusement quelque chose de plus. La terre ne ment pas, que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde.

Les autorités disaient que c’était trop tôt pour parler de sécheresse, que la saison des pluies tarderait normalement encore quelques semaines à venir, mais on ne sait jamais avec le changement climatique. Et c’est exactement ce qui s’est passé cette année. La pluie n’est jamais arrivée. Alors les organisations Caritas rassemblées à Addis ont lancé un  appel  pour venir en aide aux villages, aux communautés et aux familles dont la production agricole avait été touchée et voyaient en conséquence leur accès à la nourriture sérieusement menacé.

A local youth walks by a series of holes known as micro basis that are part of a CI-supported water project in Ethiopia's arid Jijiga Zone. Photo by David Snyder/Caritas

A local youth walks by a series of holes known as micro basis that are part of a CI-supported water project in Ethiopia’s arid Jijiga Zone. Photo by David Snyder/Caritas

Voilà un des résultats du changement climatique. Peu importe que nous voulions croire qu’il s’est agi d’une année exceptionnelle, nous savons – les statistiques savent – que ce n’est pas vrai.

L’accès à la nourriture est un droit fondamental et le changement climatique est en train de le menacer partout dans le monde. D’après le Programme Alimentaire Mondial, l’Ethiopie a un indice de vulnérabilité à la faim et au changement climatique fort élevé, ce qui est le cas pour la plupart de pays du Sud à l’échelle mondiale.

Dans son Rapport sur la sécurité alimentaire, Caritas Europe souligne encore une fois qu’il y a aujourd’hui dans le monde 650 millions de personnes vulnérables directement exposées au changement climatique. Ces personnes seront sans  doute obligées d’abandonner leurs maisons et leurs terres et de partir à la recherche de solutions dignes pour une vie meilleure ailleurs. Ce chiffre est énorme, comparé par exemple à la population de l’ Europe. En outre, ces populations sont celles qui ont le plus faible impact sur la production mondiale de COet sur la pollution. Cette situation est injuste et inéquitable.

Caritas Europe se félicite de la volonté manifestée par l’Union Européenne d’être à la tête de cette bataille et d’aboutir à un accord efficace à l’issue de la COP 21. Nous estimons que le rapport approuvé par le Parlement Européen est cohérent et bien fait, et que les conclusions du Conseil relatives au financement du climat sont une bonne avancée sur la route de Paris. Nous savons à quel point il a été difficile de parvenir à un accord dans notre seule région.

Sans le leadership de l’Europe et d’autres pays industrialisés  les stratégies visant à atténuer le changement climatique risquent de courir à l’échec. Nous n’ignorons pas que l’Europe toute seule ne suffit pas, maie elle peut représenter une partie fondamentale de la solution.

Nous autres, à Caritas, mettons toujours les personnes au centre de notre action. Nous demandons un basculement radical vers un avenir d’énergies renouvelables et un processus effectif qui conduise à l’accès durable à l’énergie pour tous. Nous voulons que les négociations sur le climat prennent en compte le lien existant entre le changement climatique et la sécurité alimentaire avant de parvenir à un accord final.

Etant une organisation qui agit essentiellement à la base, Caritas travaille directement avec les communautés et les personnes sur le terrain afin de développer la résilience et des mesures alternatives durables permettant de faire face au changement climatique. Nos actions de renforcement des capacités ont traité la conservation des sols, la création de systèmes innovateurs d’irrigation et l’implantation de nouvelles cultures permettant un régime alimentaire plus équilibré et varié durant toute l’année.

Comme dit la chanson, «Quand les conditions deviennent dures, les difficultés arrivent », et c’est à quoi nous devons maintenant faire face. Le défi à relever est énorme. Il requiert des actions tant de la part des politiques que des individus. C’est pourquoi nous avons accueilli avec enthousiasme l’appel lancé par le Pape François dans son encyclique : « Nous  pensons que prendre soin de la création devrait être au centre des comportements personnels, tels que, par exemple, l’adoption de schémas de production et de consommation durables. »

En Europe, tout comme dans d’autres pays industrialisés, l’un ne va pas sans l’autre. C’est pourquoi la « cohérence » est un mot clé lorsque l’on parle du changement climatique et d’autres domaines qui  ont actuellement un impact à l’échelle mondiale. La sonnette d’alarme a déjà été tirée plusieurs fois en Europe. Des inondations violentes et imprévisibles, la hausse des températures et la fonte des glaciers ne sont que la partie la plus visible du phénomène dans notre région. Mais c’est peut-être à cause de cela que de plus en plus de monde commence à s’inquiéter, même  ici à Bruxelles, où normalement une journée ensoleillée hors saison ne devrait pas être un si mauvaise nouvelle.

Caritas Internationalis

Président : le Cardinal Luis Antonio Tagle
Secrétaire Général : Michel Roy

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