Les réfugiés syriens manquent de logements au Liban

Jamila a fui la Syrie avec ses deux enfants après avoir appris que le corps de son mari avait été enseveli dans un champ. Lorsqu’elle est arrivée au Liban, cette jeune mère célibataire de 36 ans a accumulé les loyers impayés. Elle a également été menacée par des appels anonymes.

« Que faire ? », « Où puis-je trouver une protection ? », s’interroge Jamila.

Yasmina, âgée de 34 ans, vit dans une ancienne réserve de magasin avec son mari et ses deux petites filles, dont l’une souffre de problèmes cardiaques. Leur maison n’a ni fenêtres ni installations sanitaires et la famille survit avec difficulté.

« Nous n’avons pas les moyens de quitter cet endroit et même si nous trouvions un logement un peu mieux, nous préférons garder tout notre argent pour la santé de notre fille. »

Crise du logement pour les réfugiés syriens au Liban. Photo de CLMC

Crise du logement pour les réfugiés syriens au Liban. Photo de CLMC

Le mari de Razan est retourné en Syrie il y a deux ans pour se faire soigner et a disparu depuis. Elle se retrouve mère célibataire avec quatre enfants en bas âge. Razan a été expulsée d’un appartement et abusée par le propriétaire d’un autre logement avant que les travailleurs sociaux de Caritas Liban n’interviennent et lui trouvent un abri.

Ce sont quelques-unes des histoires déchirantes tirées d’une étude récente de Caritas Liban.

L’étude a révélé que des milliers de réfugiés étaient confrontés à une crise du logement au Liban.

Menée par le Centre des Migrants de Caritas Liban (CLMC), l’étude montrait que la majorité des familles de réfugiés syriens vivaient en dessous du seuil de pauvreté et que bon nombre de réfugiés courraient de grands risques d’exploitation ou d’expulsion du pays.

« Le Liban connaît des difficultés pour loger plus d’un million de réfugiés syriens enregistrés, mais nous devons toujours garder à l’esprit que chaque personne mérite un foyer pour préserver la dignité et la sécurité de sa famille », exprime le Père Paul Karam, président de Caritas Liban.

« Nous nous efforçons, tout comme les autres institutions libanaises, de servir aussi bien les Syriens que les Libanais dans le besoin. »

Le CLMC a interviewé 288 familles de réfugiés syriens à Beyrouth, Tripoli et Saïda pour son étude. D’après les conclusions, les familles de réfugiés payaient en moyenne 262 euros de loyer et elles étaient obligées de dépenser en moyenne les trois quarts (76 %) de leur revenu total en loyer.

« La préoccupation numéro un pour les réfugiés syriens est la même partout : le logement. Mais au Liban, la difficulté est plus importante en raison du manque de camps officiels de réfugiés et du coût élevé de l’immobilier, comme chacun le sait », indiquait l’étude.

« Vivre décemment au Liban relève de l’impossible. »

L’étude du CLMC indiquait que les deux tiers des familles syriennes (66 %) avaient plus de deux mois de loyer de retard au Liban et que plus d’un tiers (37 %) ne disposaient pas de permis de séjour régulier.

Même si 67 % des personnes interviewées déclaraient que leurs relations avec les propriétaires étaient honnêtes et amicales, beaucoup de réfugiés sont exposés à l’exploitation et sont forcés de vivre dans des logements surpeuplés.

Une famille syrienne sur cinq a été menacée d’expulsion.

Housing

« Donner des aides au logement ne suffit pas, » explique Bruno Atlieh, directeur de CLMC. « À côté de ce service, nous devrions toujours accompagner les réfugiés avec une protection juridique, une prise de conscience de leurs droits, un accès à la justice et une équité devant la loi. »

La crise des réfugiés syriens a dépassé les pires prévisions de la communauté internationale. Sur les quatre millions de réfugiés syriens vivant désormais au Moyen-Orient, le Liban en accueille plus d’un quart.

L’arrivée en masse des réfugiés a provoqué des tensions sociales au Liban et a exercé des pressions sur les ressources en eau, en électricité et sur d’autres services.

Le HCR estime à 1,5 million le nombre de Libanais vivant en dessous du seuil de pauvreté et à 336 000 le nombre de ceux qui ont besoin d’une aide humanitaire, pendant que les familles de réfugiés syriens attendent des solutions efficaces et des politiques publiques appropriées.

Caritas Liban fait pression au gouvernement pour qu’il donne aux réfugiés une protection juridique adéquate contre les propriétaires peu scrupuleux et qu’il leur offre une aide plus conséquente pour calmer les souffrances de milliers de familles. Caritas Liban se tourne également vers l’étranger pour trouver une aide pour ceux qui sont dans le besoin.

« Nous sollicitons la communauté internationale pour aider le Liban, qui porte sur ses épaules un énorme fardeau en accueillant un grand nombre de réfugiés pour le compte du reste du monde », déclare le Père Karam.

Caritas Liban vient en aide aux réfugiés depuis le tout début du conflit syrien. Le CLMC est le premier centre d’aide pour les réfugiés et migrants au Liban et compte plus de 300 professionnels dans son équipe.

Le centre a aidé plus de 330 000 réfugiés syriens au cours des cinq dernières années en termes de nourriture, de logements, d’éducation et d’assistance juridique, médicale et psychologique.

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