Paix et sécurité pour le développement de la République centrafricaine

Par le P. Luk Delft, directeur de Caritas République centrafricaine

Les élections de décembre 2015 en République centrafricaine ont été d’une grande importance pour le pays. Les résultats ont été acceptés par tous et ont créé un sentiment d’intérêt commun.

Cependant, le nouveau président élu, Faustin Archange Touadéra, est confronté à beaucoup de problèmes. Il n’y a tout simplement pas assez d’argent pour reconstruire, le système judiciaire ne fonctionne pas, il n’y a pas d’armes pour l’armée et les forces de l’ONU manquent d’expérience. Malgré la bonne volonté initiale, il y a beaucoup de tensions dans l’air.

Les milices Seleka avaient renversé le gouvernement en 2013. Bien qu’elles aient perdu le pouvoir début 2014, elles contrôlent encore une grande partie du pays, à l’est. À l’ouest, il y a une autre milice, les anti-Balaka. Tous sont armés, ce qui veut dire que le désarmement est le premier pas vers la paix et la stabilité. Non seulement le désarmement des milices, mais une réelle démobilisation avec des programmes de réinsertion dans la société.

P. Luk avec les enfants de camp de Caritas pour les personnes déplacées.

P. Luk avec les enfants de camp de Caritas pour les personnes déplacées. Les enfants doivent retourner à l’école. Photo par Caritas République centrafricaine

Touadéra a déclaré après son élection qu’aux côtés des Centrafricains il transformerait le pays. Que ce serait un pays offrant des occasions d’emploi aux jeunes et créant des richesses qui seraient redistribuées équitablement.

Au beau milieu de cette situation complexe, se trouve Caritas. Nous avons sept camps pour déplacés internes (IDP) sur sept sites différents dans le centre du pays. Nous coordonnons les camps et nous y fournissons par exemple des articles d’hygiène et de cuisine. Nous apportons un soutien aux personnes vulnérables qui ont fui de chez elles à cause des violences.

Il y a deux semaines, notre site pour IDP à Kaga-Bandoro a été attaqué par des rebelle Seleka. Les maisons du personnel de Caritas ont été incendiées. Ils ont tout perdu. Plus de 20’000 personnes ont cherché refuge près du camp de MINUSCA (ONU). Heureusement, la situation s’est à présent calmée, mais les choses sont encore bien compliquées.

Cela fait trois ans que je suis en République centrafricaine.  Avant de devenir le directeur de la Caritas nationale, je travaillais pour Caritas Kaga-Bandoro au nord du pays. Caritas est ici l’un des réseaux les plus importants. Les organisations Caritas diocésaines font partie intégrante des communautés. Ce ne sont pas simplement des organisations qui viennent dans le pays pour une crise humanitaire ; elles sont toujours là et restent là même quand les autres ONG s’en vont. Caritas travaille dans des endroits souvent inaccessibles, aussi bien sur le plan logistique que sécuritaire. Nous jouissons d’une présence très forte sur le terrain.

Quatre-vingts pourcents de la population dépendent de l’aide humanitaire. Pour eux, c’est vraiment catastrophique. Ce dont le pays a le plus besoin, c’est de sécurité.

Le président de Caritas RCA, l’archevêque (bientôt cardinal)  Dieudonné Nzapalainga fait partie d’une Plateforme de paix interconfessionnelle. Aux côtés de l’Imam Omar Kobine Layama, ils ont voyagé dans divers villages pour promouvoir le dialogue.

Caritas est l’un des médiateurs entre les groupes armés et entre musulmans et chrétiens en République centrafricaine. Nous aidons beaucoup de musulmans, et ils ne l’ont pas oublié.

La question sur le long terme est comment développer la RCA. Beaucoup de travail est requis dans différents domaines. Les jeunes ont subi une forte déscolarisation. Les écoles ont été fermées suite aux conflits et aux troubles. Il y a un grand besoin de formation professionnelle.

En RCA, il y a très peu de travail. Quand les jeunes ne trouvent pas d’emploi ou de formation, ils prennent les armes. Ils pensent qu’ils n’ont pas d’autre avenir. Dans les camps, nous enseignons la résolution des conflits et nous veillons à ce que les familles aient suffisamment de fonds pour envoyer leurs enfants à l’école. Le défi reste de savoir comment aider à développer une paix et une sécurité durables, afin que les générations à venir aient un futur plus lumineux.

Caritas Internationalis

Président : le Cardinal Luis Antonio Tagle
Secrétaire Général : Michel Roy

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