« Notre population risque une famine massive. Un évêque du Soudan du Sud à Rome pour parler de la famine

L’évêque Erkolano Lodu Tombe, président de Caritas Soudan du Sud et évêque de Yei, sera à Rome dès le 21 mars pour une réunion d’experts du Soudan du Sud où il parlera de la crise qui s’empire dans son pays, où la famine s’est déclarée au beau milieu d’une guerre civile.

« Nous nous attendons à des moments très difficiles ces prochains mois », dit l’évêque Tombe. « Notre population risque une famine massive à cause du déplacement ; ils perdent leurs terres et leurs maisons et vont manquer la saison de la plantation, ce qui compliquera encore les choses. » [Lire l’appel de l’évêque]

Trócaire a récemment réparé un puits au village d’Adior, dans le Comté d’Adior, au Soudan du Sud. Ce puits a 20 ans et était hors service.

Trócaire a récemment réparé un puits au village d’Adior, dans le Comté d’Adior, au Soudan du Sud. Ce puits a 20 ans et était hors service. Photo de Sean Farrell/Trocaire.

L’évêque, accompagné du Secrétaire Général de Caritas Soudan du Sud Gabriel Yai, décrira en détail l’urgence de la situation à l’ensemble des agences catholiques impliquées dans la distribution directe d’aide humanitaire sur le terrain. « Caritas a un bon réseau de leaders de l’Église, de curés et de chefs communautaires pour livrer la nourriture à ces communautés », dit Gabriel Yai. « Nous pouvons faire davantage sur le terrain. »

La réunion de haut niveau dans les locaux de Caritas Internationalis à la Cité du Vatican aura pour objectif de stimuler une intensification de la réponse d’urgence à travers une majeure coopération entre toutes les agences Caritas présentes dans la région.

Actuellement au Soudan du Sud, un million de personnes risquent une famine imminente et au total, 5,1 millions ont un besoin urgent d’aide alimentaire et de moyens de subsistance. Pas moins de 270 000 enfants souffrent de grave malnutrition.

« La situation ici est bouleversante », raconte Patrick Nicolson de Caritas, qui se trouve actuellement au Soudan du Sud. « Les personnes n’ont rien pour nourrir leurs enfants. Ils ont déjà vendu tout ce qu’ils avaient pour acheter de la nourriture. Au marché, les prix sont faramineux, car il n’y a plus de ravitaillement. Déjà, les personnes meurent par manque de nourriture et de médicaments. Sans l’arrivée d’une aide humanitaire de grande ampleur, nous serons les témoins d’une hécatombe très prochainement. »

Le réseau catholique mondial d’aide humanitaire Caritas est présent depuis longtemps sur place et œuvre dans l’ensemble des sept diocèses, avec un accès aussi dans les zones rurales isolées. Toutefois, il faudrait plus de fonds et des conditions plus stables pour que l’aide humanitaire puisse bien être fournie. La réunion de Rome cette semaine servira à fixer un cadre de travail pour ces questions opérationnelles complexes, ainsi qu’à donner une direction à Caritas Soudan du Sud pour les trois prochaines années jusqu’à 2020, avec un accent sur le travail de plaidoyer de l’Église pour la paix.

« Il faut que les violences s’arrêtent immédiatement et que les personnes puissent se déplacer librement, avec des couloirs sûrs pour que les travailleurs humanitaires puissent fournir une aide urgente et distribuer des biens de premières nécessité », dit l’évêque Tombe.

Rien que dans l’état de l’évêque, il y a 144 000 déplacés. À cause des violentes attaques dans les zones rurales, les personnes désertent leurs villages, et les récoltes et les maisons sont détruites, toutes choses qui contribuent à cette famine provoquée par la guerre civile et la mauvaise gestion, la corruption économique. En tout, 3,4 millions de Soudanais du Sud ont été contraints à se déplacer de chez eux depuis le début de la guerre civile en 2013, dont 1,3 millions ont quitté le pays en tant que réfugiés.

L’évêque Tombe, dont le complexe ecclésial a hébergé des milliers de personnes vulnérables cherchant à se protéger des violentes attaques, s’est déclaré prêt à risquer lui-même un voyage dans le bush pour parler aux forces rebelles et découvrir quels sont leurs griefs.

« Notre population vit dans la terreur », déclare l’évêque. « Il nous faut la paix. » Dans une lettre pastorale percutante, lui est les autres évêques catholiques du Soudan du Sud ont décrit la famine comme étant « d’origine humaine » : cette guerre civile vieille de quatre ans qui est chaque jour le théâtre d’atrocités contre les civils. « Ils sont tués, violés, torturés, brulés, battus, pillés, harcelés, détenus, déplacés de chez eux et on les empêche de cultiver leurs terres », rapporte cette lettre datée du 23 février.

L’évêque Tombe et ses confrères ont depuis longtemps cherché à attirer l’attention de la communauté internationale, qui ne se tourne qu’à présent vers le pays, après que l’ONU a déclaré l’état de famine. « Les personnes au Soudan du Sud sont mortes sous le silence assourdissant des médias », a-t-il dit à un canal d’information local en décembre. L’évêque a aussi parlé des mauvais traitements de civils à la ville de Yei perpétrés par les forces gouvernementales SPLA et rapporte avoir été empêché par elles de se rendre dans ses paroisses dans les environs de Yei pour y célébrer ses Messes dominicales.

Pour plus d’informations, merci de contacter Myra Soetandyo à soetandyo@caritas.va ou en appelant le +39 06 698 79 724.

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