Après les inondations au Bangladesh

« Ce sont les plus grosses inondations que j’aie vues de ma vie », déclare Kulubala, une vieille femme de 85 ans dont le village dans le district de Dinajpur, au Bangladesh, a été dévasté par les pluies de mousson. »

« Ça a commencé à neuf heures et ça a duré plusieurs jours. L’eau est montée de quatre pieds [plus d’un mètre] en à peine une nuit », ajoute-t-elle. « Au début, je me demandais comment j’allais sauver nos affaires, puis j’ai commencé à croire que j’allais mourir. » Fragile et voûtée, elle peut à peine marcher. Quand les inondations ont frappé, son fils et quelques voisins ont dû la porter pendant 3 km pour l’amener à un abri avoisinant.

Quand elle est retournée chez elle, cinq jours après, il ne restait plus rien. « Quand j’ai vu la maison, je me suis sentie si impuissante. Mon [défunt] mari l’avait construite pour nous », dit-elle. « Nous n’avons pu sauver que deux choses : nos trois vaches et un peu de riz. Nous avons perdu tout le reste. »

Ramesh Kisku, sa femme Maiti et leur fille Rimu, au milieu des décombres de leur maison, dévastée en août par l’une des pires inondations de l’histoire récente.

Kulubala vit à présent dans un abri temporaire. « Cela ne nous plaît pas de vivre ici. Mais au moins, nous sommes au sec », dit-elle. Caritas leur fournira un soutien en espèces. « Quand nous aurons perçu cet argent, notre priorité sera de reconstruire la maison », ajoute-t-elle.

2017 a été une année catastrophique, même pour les communautés habituées aux inondations. Près de 8 millions de personnes ont été affectées au Bangladesh. Au pic de la crue, un tiers du pays était couvert par les eaux. On estime que 100 000 foyers ont été détruits. Des millions d’hectares de cultures ont été rasés.

Autrefois, les inondations tuaient des milliers de gens. Le nombre de victimes s’élève à présent à des centaines de milliers. Les programmes de réduction des risques de catastrophes donnent aux communautés les outils dont elles ont besoin pour résister aux conditions météorologiques extrêmes. Néanmoins, la pauvreté reste élevée. À Dinajpur, les plus pauvres utilisent de la boue pour construire leurs maisons qui ont tout simplement été emportées.

Dans un centre de distribution au village de Mohonpur, dans le district de Dinajpur, au Bangladesh, le personnel de Caritas distribue de l’argent aux victimes des inondations.

« La pluie n’a pas cessé pendant quatre jours. Nous n’avions jamais rien vu de tel auparavant. Il y a eu tant de dommages dans cette région. 1482 maisons se sont effondrées », nous dit Isahaque Ali, Président de Shangkurpur Union qui comprend plusieurs villages de Dinajpur.

« Quand les inondations se sont aggravées, Caritas a distribué de la nourriture, comme du riz soufflé », dit-il.

Bien que le gouvernement ait distribué du riz, des aliments secs et de l’argent à quelques survivants, beaucoup d’entre eux sont encore dans le besoin. « Nous avons reçu un soutien de la part du gouvernement mais cela ne suffit pas », dit Ali. « La plupart des gens vivent à présent dans des maisons de fortune, faites de simples bâches. Nous mettrons beaucoup de mois à nous en remettre. »

Caritas envisage de fournir un soutien financier inconditionnel, des abris et une aide agricole aux agriculteurs. À Dinajpur, Caritas a distribué 350 000 $ en espèces sur une période de 15 jours, chaque famille recevant approximativement 50 $. « Quelques organisations nous donnent de la nourriture, mais c’est grâce à la distribution d’argent que les gens peuvent acheter ce dont ils ont le plus besoin », dit Ali.

Au Bangladesh, des villageois utilisent un vélo pour transporter des matériaux de toiture dans une partie du district de Dinajpur affectée par les inondations.

Said Jaman est un travailleur journalier. Il a une femme et deux filles. « Notre village a complètement été inondé. J’ai des parents qui vivaient dans trois maisons différentes et elles ont toutes été détruites », dit-il. « Nous avons tout perdu : notre riz, nos lits, nos valises… »

Les prêts constituent un grand problème dans le Bangladesh rural. Les intérêts élevés signifient qu’un emprunt de 10 000 taka (125 $) s’élèvera vite à 1 000 000 de taka (12 500 $). Lorsque les agriculteurs ne peuvent pas le rembourser, ils doivent abandonner leur terre.

« Je vais utiliser cet argent pour aider à l’achat d’un nouveau toit. Sans cette aide-là, j’aurais été obligé d’emprunter et j’aurais remboursé pendant très longtemps », nous dit Said Jaman.

Kulubala photographiée devant sa maison détruite par les inondations à la mi-août.

L’objectif de Caritas Bangladesh est d’aider 35 000 personnes pendant 6 mois dans les districts de Dinajpur, Manikganj, Nowgoan et Thakugoan.

Lever des fonds est difficile. L’appel international de Caritas a collecté moins de la moitié de l’argent nécessaire. L’attention internationale est centrée sur les ouragans qui frappent les Caraïbes et les États-Unis ou encore sur la situation désespérée des centaines de milliers de réfugiés rohingya qui fuient la Birmanie vers le sud du Bangladesh. Les inondations retiennent très peu l’attention, bien que les besoins soient énormes.

Bubita Hemrom a été l’une des nombreuses personnes dans le village à recevoir l’argent distribué par Caritas. Elle tient son enfant de 7 mois, Sagarika, sous l’abri temporaire où ils vivent à présent, dans un village du district de Dinajpur.

« Notre maison et toutes nos affaires ont disparu. La vie n’est pas facile pour nous, surtout avec un bébé. Il n’y a pas du tout d’espace », dit-elle. Sans l’argent de Caritas, elle ne pourrait pas reconstruire sa maison. Des milliers de femmes comme elle seront laissées à leur sort, sans aucun endroit où aller, à moins que des fonds ne soient trouvés.

 

Bubita was one of many in her village to receive a cash handout from Caritas, which will spend on rebuilding her home.

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Photos : Tommy Trenchard/Caritas

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