Caritas aide les Rohingyas à se préparer à la mousson et aux cyclones

Avec les pluies de mousson et le début de la saison des cyclones attendus au cours des prochaines semaines, les craintes s’intensifient pour la sécurité des Rohingyas vivant dans des abris de fortune dans les camps de réfugiés du Bangladesh.

Bon nombre de Musulmans rohingyas (1,1 million) qui ont fui les persécutions des militaires du Myanmar vivent sur des sols en terre nue sous des bâches, sans aucune protection contre les éléments.

La majorité a beaucoup souffert avant même d’arriver dans ces camps aux conditions sordides.

Grâce à une activité «travail contre rémunération» de Caritas, les réfugiés rohingyas ont utilisé des matériaux locaux pour construire des structures telles qu’un drainage et des terrasses pour atténuer l’érosion et les inondations dans le camp de réfugiés. Photo de Christopher Reichert / CRS

Quelque 688 000 Rohingyas au Bangladesh ont fui la répression de l’armée du Myanmar qui a débuté en août, entraînant avec eux des histoires de meurtres, de viols et de villages en flammes.

Maintenant, ils font face à une autre possible catastrophe. Leurs camps dans le sud du Bangladesh se trouvent dans l’une des zones les plus implacablement exposées aux inondations et aux cyclones de la planète.

Les camps de réfugiés se sont développés rapidement et de manière chaotique, conduisant à des abris extrêmement saturés, exposés aux inondations, aux glissements de terrain et à d’autres dangers liés à la météo.

L’ONU estime qu’environ 200 000 réfugiés rohingyas seront directement exposés à la mousson et qu’ils ont besoin d’un transfert urgent.

Caritas travaille avec d’autres agences d’aide humanitaire pour aider à transférer les personnes les plus exposées et pour distribuer des kits de renforcement des abris, en particulier aux personnes âgées et aux autres personnes vulnérables.

La construction immédiate de ponts, de routes d’accès, de marches, de drains et de travaux de protection des talus est nécessaire pour survivre à la mousson.

Caritas Bangladesh et Catholic Relief Services (CRS) ont mené à bien un projet pilote financé par l’UNHCR, qui devrait être reproduit aussi rapidement que possible dans les communautés rohingyas pour atténuer les effets des pluies de mousson et des cyclones.

L’équipe a utilisé les données aériennes et les cartes topographiques de l’UNHCR pour identifier les zones basses et escarpées exposées aux inondations et aux glissements de terrain. Elle a ensuite apporté aux Rohingyas se trouvant dans ces zones des améliorations essentielles, les aidant à construire des abris plus résistants, un système de drainage revêtu de ciment, des murs de soutènement et des chemins de sable.

Les murs de soutènement, le drainage, les marches et les sentiers protègent les communautés de la prochaine mousson. Photo par CRS

Avant ces travaux, des abris branlants recouverts de bâches se dressaient de chaque côté de canaux ouverts qui descendaient des ravines érodées le long de raides pentes en argile.

Maintenant, les résidents ont transformé leurs abris en structures renforcées par des toits en pente et des fenêtres élémentaires, protégées par des fossés d’irrigation et accessibles par des marches en bambou et des terrasses soigneusement aménagées.

L’équipe a également facilité l’installation de poubelles, d’espaces de bain, de l’éclairage solaire des sentiers, d’un puits tubulaire et d’un pont en bambou.

« Nous vivons maintenant dignement dans un abri solide et dans des conditions d’hygiène, grâce à Caritas », déclare Mme Aklima, âgée de 38 ans, résidente du camp et bénéficiaire du projet pilote de Cox’s Bazar, ville bangladaise où la plupart des Rohingyas ont cherché refuge.

« Leurs ingénieurs ont aménagé nos chemins et installé des lampadaires près des puits tubulaires, des toilettes et des lieux pour le bain», ajoute-t-elle. « En conséquence, nous pouvons nous déplacer facilement et sans crainte, même la nuit. »

Shamsul Alam, un autre Rohingya âgé de 40 ans et réfugié dans la même région, dit que les travaux sont tombés à point nommé, compte tenu des pluies qui vont bientôt arriver : « Les ingénieurs de Caritas ont amélioré nos sentiers, ont protégé le secteur et renforcé nos abris avec des sacs de sable et des bambous, assurant notre sécurité face à la prochaine mousson ».

Il ajoute que le projet a également amélioré la marche le long des routes grâce aux sacs de sable, aux éclairages solaires et à un pont facilitant l’accès au bureau du camp et au centre de distribution.

En moins d’un mois, la communauté pilote de 791 habitants a modernisé l’ensemble de ses 182 foyers et construit 20 espaces de bain. Les résidents ont installé 2,25 km d’infrastructures communautaires telles que des murs de soutènement, des chemins et des systèmes de drainage.

Le travail a été effectué à chaque étape de son développement en étroite concertation avec la communauté, l’équipe ayant collaboré avec deux groupes de discussion, l’un avec les femmes, l’autre avec les hommes.

« Le personnel de Caritas a toujours discuté avec nous de nos problèmes et de leurs solutions », déclare Abul Kalam, âgé de 45 ans et résident du même camp. « Ils ont apprécié notre opinion et tout le travail a été effectué avec notre participation et selon les discussions et les décisions prises avec nous. »

Le projet a donné plus de confiance aux dirigeants communautaires pour superviser le bien-être de leurs populations. Ils gèrent maintenant des comités de maintenance axés sur la propreté et l’entretien des travaux publics de base tels que le drainage, les chemins, les latrines et les espaces de bain.

« Les communautés voisines demandent un soutien similaire et les visiteurs reconnaissent immédiatement la différence », déclare Mazharul Islam, responsable local des programmes de Caritas à Cox’s Bazaar.

« Le sentiment de fierté est palpable et de nombreux membres de la communauté ont entrepris des améliorations supplémentaires, telles que des jardins potagers où l’on cultive de la goyave, du piment, des tomates et des aubergines », ajoute-t-il.

Bien qu’il soit difficile de prévoir l’impact de la saison à venir, les résidents et le personnel technique estiment que l’infrastructure communautaire protégera les Rohingyas pendant la mousson.

« Les gens sont maintenant en sécurité et ils peuvent vivre sans crainte car des abris ont été construits selon une technique adaptée aux catastrophes », déclare Sydul Islam, ingénieur à Caritas. « Tous les abris menacés par les glissements de terrain ont été protégés par des sacs de sable et des murs de rétention en bambou, de sorte que toutes les familles devraient être protégées de la prochaine mousson », ajoute-t-il.

Le projet a également eu un bon rapport coût-efficacité, supposant 484 dollars par ménage, soit 111 dollars par personne dépensés au total, y compris les infrastructures communautaires.

« L’approche améliore les conditions de vie, renforce les communautés et aide les familles à se préparer au cyclone et à la saison des inondations », dit Mazharul Islam.

« Les interventions et les méthodes pilotes devraient être déployées avant la saison des cyclones et des moussons, en donnant la priorité aux établissements spontanés », ajoute-t-il.

Caritas se projette au-delà de la prochaine saison des moussons et se prépare pour le long terme.

Récemment, le HCR a publié une déclaration selon laquelle « les conditions au Myanmar ne sont toujours pas propices au retour volontaire des Rohingyas dans la sécurité et la dignité. »

Les Rohingyas continuent de fuir le Myanmar.

Ainsi, en tant que coresponsable du Secteur Abris de l’ONU, Caritas propose des abris plus durables et plus confortables. Elle a conçu cinq types d’abris à moyen terme sur lesquels pourraient se baser tous les futurs abris dans les camps. Ils auront un espace pour 5 membres de la famille et seront construits avec des ressources humaines et des matériaux locaux. Leur conception garantit l’intimité des hommes et des femmes. Elle prévoit également les conduits d’air, le drainage, des murs et des fondations solides, et des toits en croupe.

Ils sont destinés à protéger des conditions météorologiques extrêmes et à permettre aux Rohingyas de vivre dans la dignité.

 

Le travail de Caritas avec les Rohingyas a pris une dimension épique

L’exode de l’année dernière a créé la crise de réfugiés la plus rapide au monde, les Rohingyas s’échappant avec peu ou pas de biens, certains d’entre eux étant blessés et de nombreux enfants souffrant de malnutrition.

L’ONU affirme que la violence contre les Rohingyas constitue un nettoyage ethnique, les hauts responsables tendant de plus en plus à croire qu’il s’agit probablement d’un génocide.

L’ONU estime que 60% des Rohingyas qui ont fui de Myanmar au Bangladesh sont des enfants. Parmi ces plus de 500 000 enfants, 12 000 sont des orphelins.

Pour relever ce défi, Caritas s’emploie à fournir à 360 000 réfugiés rohingyas un soutien complet, allant de la nourriture, des couvertures et des ustensiles de cuisine aux abris, aux latrines et à l’entretien des infrastructures. Le budget de Caritas s’élève actuellement à près de 10 millions d’euros.

Les membres de l’équipe ont jusqu’ici distribué de la nourriture à 40 000 familles et les ont aidées avec des travaux d’amélioration du site et des abris reconstruits ou renforcés pour 1600 ménages.

Caritas a achevé la construction de 19 puits tubulaires profonds, de 50 bains publics et de 150 latrines, d’autres étant en projet.

Caritas forme également des volontaires et élabore des messages de promotion de l’assainissement et de l’hygiène. Elle a jusqu’à présent distribué plus de 5400 kits d’hygiène et animé une session de sensibilisation à l’hygiène pour 5000 familles.

Caritas s’est attachée à protéger les femmes et les enfants de la traite et de la violence. Photo de Christopher M Reichert / CRS

Elle s’est centrée en particulier sur les groupes vulnérables, par exemple en protégeant les femmes et les enfants de la traite et de la violence.

Les membres de l’équipe ont partagé des messages de protection et de lutte contre la traite, formé des membres de la communauté au conseil, à la construction d’espaces d’apprentissage et de jeu adaptés aux enfants, et enseigné aux hommes à défendre les intérêts des femmes.

Les Rohingyas sont une minorité ethnique qui vit principalement dans l’État de Rakhine (anciennement État d’Arakan), sur la côte ouest du Myanmar et pratique l’islam. Ils ont été marginalisés et forcés d’accepter des conditions de vie déplorables dans les zones frontalières du Bangladesh et du Myanmar pendant des décennies.

Dans les années 1980, le gouvernement du Myanmar a refusé la nationalité aux Rohingyas, affirmant que leur présence au Myanmar n’était pas légale. Depuis lors, il y a eu un afflux de demandeurs d’asile rohingyas au Bangladesh, en particulier pendant les périodes de persécution au Myanmar.

La situation des Rohingyas s’est aggravée en octobre 2016 lorsque l’Armée du Salut des Rohingyas d’Arakan (ARSA) a attaqué pour la première fois un poste de police au Myanmar, tuant neuf policiers. La dernière crise a débuté le 25 août 2017, lorsque l’ARSA a de nouveau lancé de multiples attaques contre des postes gouvernementaux dans l’État de Rakhine, et les forces de sécurité du Myanmar des contre-attaques.

Le Pape François a rencontré les Rohingyas le 1er décembre lors d’un événement interconfessionnel à Dhaka, facilité par Caritas Bangladesh.

Le Pape a attiré l’attention internationale sur l’intense souffrance de ces réfugiés. « Je porte avec moi tout ce que vous partagez avec moi », a-t-il dit, ému aux larmes par la rencontre.

Caritas continuera de partager le chemin des Rohingyas face à la saison des moussons et des cyclones et à toutes les difficultés qui les attendent.

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