Message de Pâques 2020

L'unité mondiale face à la pandémie.

Par le Cardinal Luis Antonio Gokim Tagle, Président de Caritas Internationalis

Chers amis,

Alors que nous nous apprêtons à célébrer Pâques, le monde est enfin uni. Nous sommes unis dans la crainte de ce que demain apportera, de ne pas savoir si nos sociétés résisteront à l’impact dévastateur de la pandémie de coronavirus ni si les membres de notre famille ou nous-mêmes survivrons à ce terrible moment.

Nous sommes dans le jardin de Gethsémani avec les disciples et notre foi est gravement ébranlée. Beaucoup d’entre nous souffrent et sont tentés de penser que nous n’avons rien ni personne vers qui nous tourner car la science, nos gouvernements et les connaissances que nous avions développées jusque-là ne nous offrent aucune solution.

La pandémie aggrave encore les souffrances des personnes vulnérables : les migrants et les réfugiés, les personnes âgées, les malades, les pauvres et les chômeurs. Nous exhortons nos gouvernements à garantir l’accès aux soins de santé et à la protection sociale pour tous, en particulier aux plus vulnérables. Nous prions nos dirigeants de relever le défi de promouvoir l’unité et une responsabilité partagée dans tous nos pays.

Cardinal Tagle on his Easter message challenges us to reflect on the meaning of global unity. Photo by Raton Guda/Caritas Bangladesh

Photo par Raton Guda/Caritas Bangladesh

À ce moment de l’histoire, dans ce tournant qui plonge nos vies et nos sociétés dans le chaos, chacun de nous peut-il avoir l’honnêteté et le courage de dire : « Moi seul, je n’ai pas la réponse. » ? Nos gouvernements peuvent-ils admettre que beaucoup d’entre eux se sont trompés quand ils ne permettaient pas à chacun d’appartenir à la famille humaine et de manière digne ? Nos sociétés peuvent-elles mettre de côté les préoccupations économiques et montrer qu’elles se soucient de tous sans exception ?

Au milieu de la perte, de l’incertitude et de la souffrance, quelque chose d’incroyable se produit : nous remarquons les liens qui forment notre famille humaine. Des liens que nous considérions auparavant comme allant de soi ou que nous ignorions. Alors que nous vivons dans l’isolement et que nous devenons tous marginalisés et vulnérables, la souffrance mondiale que nous constatons nous a fait comprendre de façon surprenante que nous avons besoin des autres et que les autres ont aussi besoin de nous.

Comme si la pierre qui recouvrait le tombeau avait lentement glissé pour laisser jaillir une lumière de reconnaissance. Cette lumière annonce Pâques et le Christ ressuscité.

Depuis lors, des changements qui auraient été impensables il y a trois mois sont en train de se produire : la qualité de l’air s’est améliorée dans un certain nombre de pays et dans d’autres, les belligérants ont appelé au cessez-le-feu. Ceux-ci peuvent être temporaires, mais ils nous rappellent que les problèmes humains apparemment insolubles ne sont pas éternels. Il nous est rappelé que Jésus est resté dans le tombeau pendant peu de temps avant de s’élever à la vie éternelle. La mort n’a pas le dernier mot lorsque de la place est faite à l’espoir.

Les organisations Caritas sont confrontées à cette urgence mondiale en tant que confédération, en travaillant dans l’unité, en partageant ce qu’elles ont appris dans d’autres pays et en se donnant mutuellement la main. Une à une, les organisations Caritas du monde entier se sont activées pour avertir, prévenir et prendre soin des personnes touchées par le coronavirus.

J’adresse mes remerciements les plus sincères aux travailleurs et aux bénévoles de Caritas et à tous ceux qui sont aux côtés des personnes qui sont tombées malades ou qui sont vulnérables et isolées, au milieu de cette crise. Je ressens une immense gratitude envers tous ceux qui ouvrent leur cœur avec confiance et se donnent pleinement pour apporter une lumière d’amour et d’espoir dans la vie des gens, en cette période sombre. Je prie pour le personnel et les bénévoles de Caritas et leurs familles ainsi que pour nos communautés qui font face à cet énorme défi.

« Caritas christi urget nos », l’amour du Christ nous étreint (2 Corinthiens 5:14). Cet amour, vu dans de petits et grands gestes d’espoir et de solidarité, nous appelle à un nouvel avenir et à une nouvelle façon de vivre. Le Covid-19 ne connaît pas de frontières mais la foi, l’espérance et l’amour non plus.

La réponse à cette crise réside en chacun de nous et dans notre unité. Alors que dans le monde entier nous affrontons Pâques sans possibilité de communion physique, sans possibilité de célébration physique de l’Eucharistie ensemble, nous avons un temps de ralentissement pendant lequel nous pouvons réfléchir profondément sur ce que signifie le « Corps du Christ » pour chacun de nous. Dans l’obscurité de cette crise, la lumière du Christ brillera. Car Jésus est vraiment ressuscité ! Il ne mourra plus. Que Jésus ressuscite pour les populations du monde entier à travers notre amour !
Prions pour avoir la sérénité d’accepter ce que nous ne pouvons pas changer, le courage de changer ce que nous pouvons et la sagesse de les distinguer. Prions pour trouver le sens profond de ce défi auquel est confrontée l’humanité tout entière et qui nous appelle à la foi et à la résurrection.

Je vous souhaite à tous une fête de Pâques remplie d’amour et de paix.

Bien à vous dans le Christ,

Cardinal Luis Antonio Gokim Tagle

Les collègues de Caritas Europa ont chanté ensemble depuis leur mise en quarantaine pour inspirer ceux qui se débattent en ce moment.

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