Synode pour le Moyen-Orient: Améliorer la qualité et la transparence dans les organismes de charité

Caritas is committed to high quality and transparency in its programmes as in this health clinic in Gaza City. Credits: Katie Orlinsky/Caritas 2010

Caritas is committed to high quality and transparency in its programmes as in this health clinic in Gaza City. Credits: Katie Orlinsky/Caritas 2010

Interview de Naguib Khouzam, Directeur général du Centre SETI de Caritas Egypte et Professeur de psychologie du développement à l’Université Ain Shams.

M. Khouzam, vous êtes le Directeur général du Centre SETI de Caritas Egypte, dédié à la formation d’éducateurs spécialisés, l’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles et la recherche sur les handicaps et leur prise en charge. Quels aspects de votre expérience professionnelle avez-vous souhaité partager à l’occasion de ce Synode?

M. Khouzam: Ce Synode a pour thème « Communion et témoignage ». Dans mon allocution au synode, je me suis concentré sur un seul point, qui est le témoignage réalisé à travers le travail social dans les écoles catholiques et organisations comme Caritas. J’ai voulu partager les quatre facteurs qui me semblent importants pour un travail réussi dans ce domaine.

Premièrement, un certain esprit de travail, fondé sur l’amour de l’autre et la vision de Caritas qui est de s’occuper des plus démunis.

Deuxièmement, la qualité. Afin d’assurer un service de qualité, je pense qu’il faut se donner des critères et indicateurs à suivre, contrôlés par un monitoring rigoureux des programmes et un feedback régulier de la part des participants et personnes extérieures.

Le troisième facteur est l’autonomisation. Puisqu’il arrive nécessairement un moment dans notre travail ou nous devons nous retirer, nous ne pouvons être efficaces que si nous réussissons vraiment à faire de sorte que les gens s’aident eux-mêmes et transmettent à leur tour leur savoir et leurs compétences aux autres.

Prenez l’exemple de nos formations sur l’éducation des enfants, suivies en général par des mères jeunes, illettrées ou défavorisées. Huit femmes sont formées ensemble dans un groupe à l’aide de discussions, exercices pratiques et matériels pédagogiques adaptés à leurs besoins. La formation leur permet de gagner confiance en elles. C’est essentiel. Une mère illettrée par exemple ne peut pas aider son fils à faire ses devoirs. Mais par ses encouragements ou son attitude envers l’école, elle joue néanmoins un rôle primordial dans la scolarité de son fils. Nous avons même vu des mères se mettre à apprendre à lire une fois qu’elles avaient gagné confiance en elles. Et ces femmes forment de nouveaux groupes pour transmettre, toujours avec notre soutien, ce qu’elles ont appris.

Finalement, il faut également rendre des comptes sur le travail accompli. Plusieurs milliers de personnes handicapées et leurs familles bénéficient tous les ans de nos programmes et environ 500 éducateurs, psychologues et autres se forment chez nous. Evaluer de façon claire et transparente le travail accompli, cela permet d’améliorer la qualité des programmes et de mieux allouer les fonds dont nous disposons.

Comment aidez-vous les personnes handicapées à devenir plus autonomes?

M. Khouzam : Je préfère le terme anglais de « diffability » plutôt que « disability » ce qui signifie handicap. C’est une façon radicalement différente d’envisager les personnes handicapées. Les personnes que nous appelons handicapées sont tout aussi capables que nous, mais d’une autre façon.

Chaque personne a un don. A nous de le lui faire découvrir et de lui laisser l’exprimer. Les handicaps sont relatifs par rapport à notre système. Moi par exemple, je suis myope, si les lunettes n’existaient pas, je serais considéré comme un handicapé. Quant aux aveugles, les progrès récents dans l’informatique leur ont changé la vie. Grâce à des technologies spéciales, ils peuvent maintenant écrire et recevoir des mails ou des textos et, par conséquent, leur différence ne les empêche plus de participer pleinement dans ce domaine.

Il faut trouver des moyens de faire participer tout le monde. Le problème n’est jamais la personne, mais toujours son entourage, le système dans lequel elle vit.

De plus, nous devrions davantage cultiver la diversité et valoriser la richesse qu’elle nous apporte. Certes, dans notre centre il y a des enfants autistes ou présentant des retards dans leur développement qui n’apprendront jamais à lire et écrire. Mais il faut voir les dessins et sculptures que ces enfants sont capables de produire. Depuis plusieurs années, nous organisons des expositions d’art qui remportent beaucoup de succès.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour inclure vos quatre facteurs dans le travail social de l’Eglise?

M. Khouzam: Tout le travail de l’Eglise pourrait bénéficier de l’application de ces quatre facteurs, en les incorporant par exemple dans la formation des prêtres et des laïcs travaillant au sein de l’Eglise et dans des organisations comme Caritas.

Prenez l’exemple du Synode. A la fin de cet événement, accompagné de nombreux débats opposant des points de vues et idées différents, sont établies des recommandations. Je pense que chacun ayant suivi les débats du Synode devrait ensuite se demander comment il peut appliquer les résultats du synode de retour chez lui, dans un contexte local. Parce que ce qui compte à la fin, c’est l’action accomplie, que nous aidions les personnes démunies à s’en sortir.

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