Le rôle-clé des organisations confessionnelles dans les soins dispensés aux personnes vivant avec le VIH

«Mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique : le rôle-clé des Organisations confessionnelles (FBO) » est le titre d’un nouveau rapport élaboré par Caritas Internationalis et CHAN (Réseau catholique de lutte contre le VIH et le SIDA). Mgr. Robert J. Vitillo, Conseiller spécial de Caritas Internationalis pour le VIH, le SIDA et la Santé explique pourquoi ce rapport est important.

Membres St.Joseph UZIMA et les bénéficiaires de Trocaire à Kangemi accueillir le Pape comme il a visité l'église lors de sa tournée au Kenya. Crédit: Trocaire

Membres St.Joseph UZIMA et les bénéficiaires de Trocaire à Kangemi accueillir le Pape comme il a visité l’église lors de sa tournée au Kenya. Crédit: Trocaire

Dans le monde entier, les organisations confessionnelles s’occupent d’un pourcentage important de personnes vivant avec le VIH. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 30 à 70% des soins de santé dispensés dans les pays à faible revenu sont opérés par des organisations confessionnelles (FBO).

Message de Caritas pour la Journée mondiale contre le SIDA

Les organisations liées à l’Eglise catholique engagées dans la lutte contre le VIH sont actives dans au moins 114 pays.

Toutefois, la contribution des FBO aux soins de santé, notamment en matière de VIH, n’a pas toujours été reconnue comme elle le mérite. Certains gouvernements et des experts du domaine médical reconnaissent que nous sommes bien intentionnés et «gentils » et expriment leur appréciation à l’égard de nos programmes sur le terrain, mais prétendent que les données disponibles ne suffisent pas à démontrer l’efficacité de ces programmes.

Le rapport « Mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique » offre des preuves irréfutables de la manière dont les FBO sont des parties prenantes incontournables en matière de VIH dans de nombreux pays. Le rapport non seulement montre ce que nous faisons, mais présente des approches qui pourraient servir de modèles en matière de soins de santé tant aux gouvernements qu’aux prestataires privés.

Dans les pays en voie de développement, notamment, les FBO ont une longue tradition de soins en faveur des communautés les plus pauvres et les moins développées. La qualité des soins est motivée par la valeur du service rendu et se fonde sur un esprit de compassion et de solidarité.

Une des principales différences entre les FBO et d’autres prestataires de soins de santé est qu’elles prennent en compte les besoins de la personne à part entière – y compris ses besoins psychologiques, sociaux et spirituels. Nous ne prenons pas exclusivement en compte les conditions médicales.

En fait, j’estime que l’apport de soins spirituels ou pastoraux est une des composantes essentielles des programmes de santé. Le taux de guérison des personnes est meilleur lorsqu’elles reçoivent un soin pastoral ; cela est vrai non seulement pour les infections du VIH, mais également pour d’autres maladies. Les croyances et les pratiques spirituelles permettent aux personnes d’exprimer et de renforcer leur rapport avec Dieu. C’est donc un élément important de vie pour de nombreuses personnes dans différentes parties du monde . Les clients ou les patients qui bénéficient des services d’une FBO disent souvent qu’ils préfèrent cette approche du traitement – les soins holistiques ne traitent pas seulement le corps mais également l’âme et l’esprit. Cela apporte aux personnes la motivation qui les pousse à maintenir le traitement et donc à vivre plus longtemps.

En préparant notre rapport nous avons pu constater d’ excellents exemples de soins holistiques. Par exemple, les hôpitaux et les cliniques associées au Bureau médical catholique en Ouganda fournissent des soins médicaux professionnels, de l’aide sociale et économique, mais également des soins pastoraux et une formation pour acquérir de nouvelles compétences professionnelles.

Les personnes vivant avec le VIH racontent qu’elles se sentent beaucoup moins stigmatisées ou discriminées en recevant des soins des FBO. Elles disent aussi qu’elles sont plus à l’aise car elles font confiance au personnel des FBO en matière de maintien de la confidentialité. Le personnel et les volontaires des FBO sont formés de manière à montrer du respect envers ceux qui souffrent et à réaffirmer la doctrine de l’Eglise selon laquelle toute personne a été créée à l’image de Dieu et à sa ressemblance, quel que soit son état de santé.

Lorsque l’épidémie de VIH est entrée dans sa troisième décennie, la communauté internationale de la santé publique s’est concentrée davantage sur une réponse systématique et ciblée plutôt que sur une réponse d’urgence. La tendance actuelle est que les gouvernements agissent de manière plus responsable à l’égard du VIH, mais dans les pays à faible et moyen revenu ils sont handicapés par le mauvais état des structures sanitaires et ne sont pas toujours en mesure de soigner toutes les personnes vivant dans la pauvreté ou dans des zones rurales.

De même, beaucoup d’entre eux ont avoué qu’ils doivent faire face à d’importantes diminutions de financement, ce qui entraîne d’innombrables problèmes et des défis à relever. Le fait que les gouvernements nationaux et/ou les bailleurs de fonds étrangers risquent de ne plus être en mesure, faute de financement, d’assurer des traitements de longue durée aux personnes vivant avec le VIH, est un souci majeur.

Un autre problème majeur concerne l’avenir des orphelins du SIDA. Le nombre d’enfants et d’adolescents qui ont perdu leurs parents suite à une maladie liée au SIDA est estimée à 17 millions dans le monde entier. Certains de ces enfants se révoltent face à leur situation, qui devient encore plus compliquée lorsqu’eux-mêmes vivent avec le VIH. Il faudrait déployer des efforts supplémentaires pour répondre aux besoins de ces jeunes vulnérables.

En vue de parvenir à l’accès universel au traitement pour toutes les personnes vivant avec le VIH, toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, les organisations internationales, la société civile, les organisations confessionnelles, et les groupes de personnes vivant avec le VIH doivent s’unir et mettre en place des partenariats et une collaboration plus forts.

Le Dr. Luiz Loures, Directeur exécutif adjoint d’ONUSIDA, a reconnu la contribution cruciale des FBO à ce type de partenariat. « Nous entrons dans une phase où nous pouvons voir le début de la fin du SIDA. Les communautés confessionnelles ont l’envergure et les moyens pour nous faire avancer. Vous prenez soin de la dignité de la personne, et c’est seulement à ce prix, en combinant l’accès aux médicaments et à la dignité, que l’on peut compter sur l’impulsion nécessaire pour mettre fin à l’épidémie du SIDA. »

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