« Le soudan du Sud s’effondre. » Besoin urgent d’aide pour lutter contre une famine massive

Au Soudan du Sud, la crise humanitaire s’empire de jour en jour, et l’évêque Erkolano Lodu Tombe, président de Caritas Soudan du Sud et évêque de Yei, avertit que le pays est en train de s’effondrer, des millions de personnes risquant la famine.

L’évêque Tombe et les hauts responsables de Caritas Soudan du Sud se sont réunis à Rome ce mardi pour parler de questions opérationnelles et pour intensifier la réponse du réseau mondial d’aide catholique là où la famine s’est déclarée au beau milieu d’une guerre civile.

« Le Soudan du Sud s’effondre et les personnes pauvres et non armées souffrent », dit l’évêque Tombe. « Sans un soutien à l’aide d’urgence, cela va s’empirer ; les gens meurent. »

Une fille va chercher de l’eau au puits à Rajaf, à 15 km au sud de Juba, le 19 mars 2017. Les gens cherchent la sécurité en s’installant dans les environs de l’église. Photo de Matthieu Alexandre pour Caritas Internationalis

Une fille va chercher de l’eau au puits à Rajaf, à 15 km au sud de Juba, le 19 mars 2017. Les gens cherchent la sécurité en s’installant dans les environs de l’église. Photo de Matthieu Alexandre pour Caritas Internationalis

Actuellement au Soudan du Sud, un million de personnes risquent une famine imminente et au total, 5,1 millions ont un besoin urgent d’aide alimentaire et de moyens de subsistance. Pas moins de 270 000 enfants souffrent de grave malnutrition.

« Tout manque : la nourriture, les médicaments », dit l’évêque Tombe. « Il nous faut préserver les personnes de la famine, mais il faut aussi des médicaments et une éducation pour les enfants où qu’ils soient, qu’ils puissent aller à l’école. »

L’évêque Tombe dit que maintenant, il y a environ 1,8 million de déplacés internes au Soudan du Sud et 1,5 million de réfugiés, les Nations Unies estimant à 5,8 millions le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire pour lutter contre la famine dans le pays en 2017.

Caritas en appelle à une intervention internationale pour mettre un frein aux violences qui continuent dans le pays et veiller à ce que les conditions soient suffisamment stables pour délivrer une aide humanitaire vitale.

« Les civils sont attaqués où qu’ils soient : chez eux, quand ils sortent chercher de la nourriture », dit l’évêque Tombe. « Quand ils veulent sortir pour faire leurs récoltes, ils peuvent être considérés comme des rebelles ou des sympathisants et être éliminés. Les civils meurent, les gens disparaissent. »

Une des zones les plus durement touchées est le diocèse de Yei, celui de l’évêque, dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec l’Ouganda et la République démocratique du Congo.

« Les routes sont bloquées afin que les personnes ne puissent pas fuir, et aussi que personne ne puisse venir les secourir », dit l’évêque Tombe. « À Yei, plus de 100 000 personnes sont ainsi prises au piège. La seule façon de les atteindre, c’est par les airs et sans aide, ils vont mourir de faim. »

À travers son réseau, Caritas œuvre dans l’ensemble des sept diocèses du Soudan du Sud, avec un accès aussi dans les zones rurales isolées. Les dirigeants de Caritas Soudan du Sud veulent sensibiliser la communauté internationale à la gravité de la crise et obtenir un meilleur soutien.

« Nous voulons rendre la famille Caritas consciente de la famine au Soudan du Sud et lever suffisamment de fonds pour soulager les personnes affamées, faute de quoi elles vont mourir de faim », dit l’évêque Tombe. « Nous ne pouvons rien faire tout seuls. »

L’évêque Tombe dit encore : « la voix du Saint-Père est très claire : n’abandonnons pas le Soudan du Sud. Il ne s’agit pas de beaux mots, il s’agit de faire quelque chose, voilà ce qu’a dit le pape François. »

Rosa Lyo mange un fruit à Rajaf, à 15 km au sud de Juba, le 19 mars 2017. Photo de Matthieu Alexandre pour Caritas Internationalis

Rosa Lyo mange un fruit à Rajaf, à 15 km au sud de Juba, le 19 mars 2017. Photo de Matthieu Alexandre pour Caritas Internationalis

Lors de sa visite à Rome, l’évêque, aux côtés du directeur exécutif de Caritas Soudan du Sud Gabriel Yai, a expliqué la situation extrêmement urgente des agences catholiques sœurs impliquées directement dans la distribution d’aide sur le terrain.

« Caritas a un bon réseau de leaders de l’Église, de curés et de chefs communautaires pour livrer la nourriture à ces communautés », dit Gabriel Yai. « Nous pouvons faire davantage sur le terrain. »

« Près de 5 millions de personnes sont dans l’insécurité alimentaire et les plus touchées sont les mères et les jeunes enfants, ainsi que les personnes âgées », dit Yai. « Nous voulons que les membres de Caritas présents sur le terrain et ceux qui ne sont pas basés à Juba unissent leurs forces pour essayer de sauver les personnes affamées du Soudan du Sud. »

Père John Opi Severino Oduavi du diocèse de Torit a appelé à mettre fin au conflit et a dit qu’un cessez-le-feu était essentiel pour que Caritas et les leaders ecclésiaux puissent aider les personnes à surmonter l’insécurité alimentaire.

« Au Soudan du Sud, tout le monde a faim. » dit Oduavi. « Il n’y a rien à manger. Les marchés ne sont pas atteignables car les routes sont fermées, et les personnes ne peuvent pas cultiver leurs terres à cause du conflit. »

« Ceux qui ont réussi à cultiver leur terre ne peuvent pas récolter leur nourriture, ils sont chassés. L’insécurité alimentaire est un problème pour tout le monde, dans les villes et dans les villages. Les enfants souffrent de malnutrition, les personnes âgées meurent à cause du manque de nourriture. »

Oduavi poursuit : « Il faut que les armes se taisent, après quoi il nous faudra promouvoir l’unité au Soudan du Sud. La cohésion nationale qui existait durant les referendums doit tout d’abord être rétablie. Cela prendra du temps, c’est un processus. »

« Ensuite, il faut que les personnes qui sont déplacées dans des camps de réfugiés dans les villages et dans les montagnes redescendent et rentrent chez elles et recommencent à cultiver et que l’harmonie soit restaurée. Mais cela ne peut se produire que si les armes se taisent et que les civils sont finalement respectés. »

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