Reconstruction d’un hôtel et d’un avenir après le tremblement de terre au Népal

Le tremblement de terre qui a dévasté les communautés du centre du Népal le 25 avril 2016 n’a pas seulement réduit en miette la maison de Kumari Gurgung à Hansapur, mais a aussi ruiné son commerce.

« J’avais un hôtel de 22 lits. Il était grand et beau », dit-elle. « Quand le tremblement de terre a frappé, il s’est complètement effondré. Ma jeune petite-fille a été ensevelie et on a dû attendre l’arrivée de mon fils pour l’extirper des décombres. »

Sa petite-fille et toute sa famille ont survécu, mais des milliers d’autres familles de la région pleurent encore la perte de quelque être cher. En plus de ces tragiques pertes de vie, le tremblement de terre à détruit environ 500 000 maisons et commerces.

Cela faisait 14 ans que Kumari vivait grâce à son hôtel. Maintenant, tout était devenu précaire. Mais l’organisation membre de Caritas Catholic Relief Services était bien présente pour tout d’abord lui offrir un secours immédiat puis l’aider à reconstruire son entreprise.

Kumari Gurung (54) est un bénéficiaire du Programme de rétablissement du marché CRS en Hansapur VDC, district de Gorkha, Népal. Photo par Jennifer Hardy/Caritas

Kumari Gurung (54) est un bénéficiaire du Programme de rétablissement du marché CRS en Hansapur VDC, district de Gorkha, Népal. Photo par Jennifer Hardy/Caritas

« Avec l’argent fourni par CRS, et un peu d’argent à moi que j’ai ajouté, j’ai fait cet hôtel temporaire dans lequel nous dormons à présent », dit Kumari. « CRS nous a aussi donné deux paquets de plaques [de tôle ondulée] dans le cadre d’un programme argent pour abri. J’ai pu compléter cela en vendant deux bœufs. Maintenant, cet hôtel compte 8 chambres, et les sept chambres restantes sont pour les invités de notre hôtel. »

Kumari, son fils et sa belle-fille louent ces chambres en contreplaqué et en tôle métallique pour à peine plus de 2$ la nuit. Même s’ils augmentent leur revenu à travers la vente de repas et de snacks cuisinés maison, des tricots et des tissus faits par Kumari, le revenu des Gurung n’est pas encore suffisant pour se reconstruire un hôtel permanent.

Et la famille doit encore rembourser une partie de l’emprunt qu’ils ont fait pour construire l’hôtel détruit par le séisme. Ils ont emprunté autant que possible en utilisant la bijouterie de la famille comme gage, mais il leur faut plus d’argent pour reconstruire.

Il en va de même pour beaucoup des commerçants au marché de Hansapur, une enclave commerciale repliée aux pieds du Mont Manaslu, qui culmine à plus de 7900 mètres d’altitude, dans l’Himalaya. Bien que la ville soit petite, c’est le cœur du commerce et des ressources des plus petits villages reliés à elle. Les affaires reprennent, en particulier pour les familles qui font le commerce de matériaux de construction, mais au ralenti. Beaucoup de familles n’ont pas encore pu commencer à reconstruire une maison permanente.

Kumari estime qu’il faudra bien 5 ans encore pour que le marché retrouve son niveau d’activité d’avant le séisme.

« Les premières semaines qui ont suivi le tremblement de terre, on savait bien combien il était important de faire repartir au plus vite les marchés centraux », dit Lorraine Bramwell, représentative nationale de CRS pour le Népal. « Ici à Hansapur, nous sommes à 5 heures du marché principal à Gorkha. Donc si ce marché n’avait pas repris rapidement, ce ne sont pas seulement les commerçants qui en auraient souffert, mais aussi toutes les communautés rurales qui en dépendent, et qui auraient autrement dû voyager des jours durant pour obtenir les biens et les fournitures nécessaires. »

Kumari et poussins qu'elle soulève pour augmenter ses revenus. Photo par Jennifer Hardy / Caritas

Kumari et poussins qu’elle soulève pour augmenter ses revenus. Photo par Jennifer Hardy / Caritas

« En aidant les vendeurs à rouvrir leurs magasins et à relancer leur activité, on pouvait ensuite fournir de l’argent aux familles pour acheter ce dont elles avaient le plus besoin, rapidement. Le fait de leur fournir de l’argent, plutôt que de distribuer des articles, a aussi permis d’économiser beaucoup de temps dans cette paysage accidenté et isolé, en facilitant l’aspect logistique de la distribution aux petits groupes de familles dans les minuscules communautés. De cette manière, les gens ont pu commencer à reconstruire bien plus rapidement. »

Même si les affaires vont moins vite qu’avant le séisme, Kumari a déjà de beaux plans pour construire un nouvel hôtel permanent. Elle doit faire face à l’âpre concurrence des nombreuses autres familles qui ont construit des chambres supplémentaires dans leurs abris afin de les louer aux voyageurs. Mais avec des années d’expérience dans la gestion de son hôtel, elle croit détenir l’ingrédient clé pour être attractive : une attention particulière à l’hospitalité.

« Je ris et je parle avec mes hôtes. Je les appelle pour être avec eux et leur souhaiter la bienvenue. Je leur sers du thé et de bons repas. C’est comme ça que mes clients reviennent », dit-elle.

Au fil des ans, Kumari a passé la plupart des opérations de l’hôtel dans les mains de son fils Mohan et de sa femme, Bindhu. Kumari se concentre sur le travail qui lui permet de s’asseoir plus souvent, comme le fait de cuisiner des biscuits et le tissage de sacs ou le tricotage de d’habit qu’elle vend. Leur revenu suffit à nourrir la famille et à envoyer les enfants à l’école, et à lui faire garder espoir de pouvoir rétablir les actifs de la famille pour la prochaine génération.

« J’ai passé ce commerce hôtelier à mon fils et à ma belle-fille. S’ils peuvent faire aller mieux cette affaire, je serais contente. S’ils augmentent leur revenu et peuvent payer les études de mes petits-enfants, je serais remplie de joie. Si les fonds arrivent, nous construirons un autre hôtel, grand et beau. Je ne sais pas quand cet argent arrivera, mais je suis certaine que mon fils va faire un bon travail avec cette affaire. »

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